Les policiers démantèlent une série de distributeurs de cryptomonnaie illégaux installés en France


L'un des distributeurs de la société Shitcoins.

Une société polonaise n’avait pas déclaré son activité auprès de l’autorité des marchés financiers (AMF) et possédait de nombreux distributeurs en France. Une enquête pour blanchiment aggravé a été ouverte en janvier dernier et se poursuit.

C’est la première opération de ce type en France. Huit distributeurs illégaux de cryptomonnaie ont été démantelés à Lille (Nord), à Marseille (Bouches-du-Rhône), à Nice (Alpes-Maritimes), à Canne, à Grenoble (Isère), à Rouen (Seine-Maritime) à Paris et aux Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) par les enquêteurs de l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) et leurs collègues de la DIPJ de Lille (Nord). L’opération a permis aux forces de l’ordre de mettre la main sur 200 000 euros en argent liquide au total.

C’est en janvier dernier que cette enquête a été ouverte pour blanchiment aggravé et un défaut d’immatriculation avéré de ces distributeurs, auprès de l’autorité des marchés financiers (AMF). « En principe la vente de cette monnaie virtuelle est légale dans les bureaux de tabac. Mais il faut que cette activité soit déclarée auprès de l’AMF », précise une source proche de l’affaire. Or cette société polonaise qui possède un site Internet qui répond au nom de « Shitcoins », n’avait pas pris la peine de se plier à cette formalité.

Le signe de reconnaissance de la marque est un B orange, barré des deux traits du dollar. Ces machines étaient installées illégalement dans de petits locaux ayant pignon sur rue et protégés par un double sas. Mais aucun employé n’y travaillait jamais car le système était entièrement automatisé.

Acheter de la cryptomonnaie ou retirer des billets

Les clients, venaient avec du liquide, créaient un compte et pouvaient acheter quatre types de cryptomonnaies : Bitcoin, Dash, Ether ou Litecoin. Les utilisateurs pouvaient aussi faire l’opération inverse et venir retirer des billets de banque avec les coordonnées de leurs comptes en cryptomonnaie.

Les distributeurs ont été saisis et démontés par les forces de l’ordre. Pour l’heure, aucune interpellation n’a été réalisée dans ce dossier et les investigations se poursuivent pour déterminer la nature exacte des activités de cette société polonaise.

Le 26 février dernier, les autorités financières allemandes avaient mis fin aux opérations de Shitcoins outre-Rhin. Adam Gramowski, un entrepreneur de nationalité polonaise serait le PDG de cette firme qui n’avait pas respecté la nouvelle législation du pays. La société posséderait encore des points d’échange en Espagne, en Italie, en Belgique, en Pologne et dans d’autres pays de l’Est.

La cryptomonnaie est un moyen de paiement qui échappe à tous les systèmes de contrôle bancaire classique. Sa part dans le blanchiment est encore mal connue par les policiers et magistrats spécialisés. Pour les trafiquants de drogue et les terroristes, c’est un nouveau moyen de dissimuler leurs revenus ou leurs transactions.