Lorient : Au chômage mais à la tête d’un trafic de stupéfiants, il roulait en Lamborghini et portait des montres de luxe


Les policiers ont saisi une Lamborghini et des dizaines de milliers d'euros.

Au terme de plus d’un an d’enquête, six individus ont été mis en examen dont cinq qui ont été placés en détention provisoire. La police a effectué des saisis qui représentent plus d’un million d’euros.

C’est l’attitude et le niveau de vie d’un homme âgé de 37 ans, surnommé le « Chinois », qui est à l’origine d’une enquête ouverte pour trafic de stupéfiants, en mars 2019. Ce dernier roulait en voiture de luxe, notamment avec une Lamborghini Huracan, portait des montres et des effets de grandes valeurs. Il possédait également un appartement et un bateau a précisé le parquet.

Les enquêteurs du Groupe d’intervention régional (GIR) de Rennes, en charge de la partie blanchiment des investigations, ont confirmé le niveau de vie important du suspect, pourtant sans emploi.

Les policiers de la sûreté départementale du Morbihan, co-saisi dans le reste du dossier avec ceux de l’antenne de l’office anti-stupéfiant (OFAST) et ceux de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Rennes, ont observé les activités du suspect principal durant des mois et ont identifié d’autres individus, notamment par l’intermédiaire d’un travail de téléphonie, dans le cadre d’une commission rogatoire.

La cocaïne était vendue à Lorient et ses alentours

Les premières semaines de surveillance ont montré que le trentenaire était à la tête d’un réseau de trafic de stupéfiants, essentiellement de cocaïne, et qu’il était en contact avec des trafiquants en région parisienne. La drogue était écoulée à Lorient et ses alentours indique une source proche de l’enquête.


Une information judiciaire a été ouverte en septembre 2019 contre X des chefs d’« acquisition, détention, transport, offre ou cession non autorisés de stupéfiants », et « usage, non-justification de ressources, blanchiment, association de malfaiteurs ».

Disposant de suffisamment d’éléments pour mettre en cause les suspects, les enquêteurs ont décidé de procéder à des interpellations. Ils ont appris que le chef du réseau devait recevoir une livraison de cocaïne à son domicile ce dimanche 7 juin, et ont mis en place un dispositif pour arrêter les suspects.

Deux hommes venant de la région parisienne

Les deux dealers originaires de la région parisienne, âgés de 35 et 21 ans, sont arrivés à bord de leur Renault Clio chez le suspect, à Lorient. Une fois la transaction réalisée, les policiers ont procédé à plusieurs interpellations. Les deux livreurs, déjà connus des services de police, ont été arrêtés. Le suspect principal, sa compagne, son frère ainsi qu’une autre femme, ont également été interpellés dans l’habitation. Les six suspects ont été placés en garde à vue.

Dans la Renault Clio, les enquêteurs ont découvert 1 kg de cocaïne et près de 40 000 euros en numéraire. Deux autres kilos de cocaïne et plus de 25 000 euros ont été trouvés dans le logement du chef présumé du réseau. La Lamborghini Huracan de ce dernier a été saisie.

Au total, 15 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. « Six ont été mises en examen jeudi, dont cinq ont fait l’objet d’une détention provisoire ou d’une incarcération provisoire », a précisé le procureur de la République de Lorient, Stéphane Kellenberger, dans un communiqué. Le chef présumé du réseau et sa compagne font partie des mis en cause qui ont été écroués. Le sixième suspect mis en examen a été placé « sous contrôle judiciaire strict ».

« Plus d’un million d’euros » de biens et d’argent en numéraire saisis

La suite des investigations a permis de réaliser d’autres saisies. Les policiers ont mis la main au total sur près de 175 000 euros en espèces, ainsi que sur une arme de poing et un fusil.

En outre, plus de 300 000 euros ont été découverts sur des comptes bancaires et des assurances-vie. D’autres véhicules, notamment une Audi RS3 et une moto BMW, ainsi que des effets de luxe ont également été mis sous scellés. Ces saisis représentent « plus d’un million d’euros » a ajouté le parquet. Des recherches sont toujours en cours, dans le cadre de cette commission rogatoire.