Nice : Un réseau de proxénètes nigérians démantelé, six personnes mises en examen


Illustration. (photo Baziz Chibane/PhotoPQR/La Voix du Nord/Maxppp)

Le réseau exploitait au total une trentaine de femmes. Les policiers de l’office central de répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) et de la PJ de Nice (Alpes-Maritimes) ont entendu dix victimes. L’argent des proxénètes était ensuite envoyé vers le Nigeria. Six hommes et femmes ont été mis en examen dans ce dossier, cinq d’entre eux sont derrière les barreaux.

Les groupes nigérians montent en puissance. Ils sont aujourd’hui présents dans tous les champs de la criminalité et se sont hissés au rang d’associés ou de concurrents des plus puissantes organisations mafieuses du monde. Un réseau de proxénètes, originaires de ce géant d’Afrique, a été démantelé la semaine dernière sur la Côte-d’Azur. Six hommes et femmes, âgés de 30 à 40 ans ont été mis en examen, vendredi 17 septembre à Nice (Alpes-Maritimes). Cinq d’entre eux ont été écroués.

Cette histoire commence en janvier 2020 par la plainte d’une jeune femme qui s’est échappée de l’emprise des proxénètes. Elle est placée sous protection judiciaire et raconte qu’elle est tombée entre les mains de cette organisation en 2017. « Elle était couturière dans son pays et elle a été approchée par un recruteur qui lui a proposé d’intégrer une école de mode en Italie. Mais une fois arrivée dans le pays de ses rêves, elle a vite déchanté », précise une source proche du dossier.

Forcer de rembourser 40 000 euros pour son passage en Europe

La jeune femme est contrainte de se prostituer, en étant encadré par des « mamas ». Ce sont des femmes plus âgées qui la surveillent et récupèrent l’argent des passes. La victime est alors forcée de rembourser le prix de son passage en Europe, estimé à 40 000 euros. Elle participe à des cérémonies « juju » qui sont à la fois magiques et spirituelles, qui servent en fait à la maintenir sous emprise psychologique.

Deux ans plus tard, elle parvient à s’échapper et rejoint la France. Mais elle est rattrapée par des membres de la diaspora qui la remette sur les trottoirs de Nice et de Cannes. « Les jeunes femmes étaient logées dans des taudis et pendant la période du confinement, elles devaient y accueillir leurs clients pour que l’argent continue de rentrer dans les caisses du réseau », explique notre source.

9000 euros en liquide

Les enquêteurs de l’OCRTEH et leurs collègues du service de police judiciaire de Nice ont découvert que ce réseau exploitait une trentaine de femmes. Dix victimes ont été entendues par les policiers. L’argent était rapatrié au Nigeria par mandat cash et par un système de compensation financière. Certains complices rapatriaient aussi l’argent physiquement en prenant l’avion. Le 14 septembre, les forces de l’ordre ont interpellé à Nice, à Cannes et en Espagne, cinq hommes et cinq femmes soupçonnés de faire partie du réseau.

Lors des perquisitions, les fonctionnaires ont mis la main sur 9000 euros en liquide. Les suspects ont nié ou minimisé leur implication dans cette affaire au cours de leurs auditions.