Paris : Condamné à un an de prison, le dealer de cocaïne qui fournissait des stars de la télé ressort libre du tribunal


Illustration. (Shutterstock)

Bon nombre de vedettes du showbiz s’approvisionnaient en cocaïne auprès de Mounir, assure son avocat. Cet homme de 34 ans n’a écopé que d’un an de prison ferme, vendredi dernier, et a échappé au mandat de dépôt.

Un trafiquant de produits stupéfiants récidiviste s’en est bien sorti, lors de son procès qui s’est tenu vendredi dernier au tribunal correctionnel de Paris. Mounir, 34 ans, fournissait en cocaïne le Tout-Paris. Il n’a écopé que d’un an de prison ferme, rapporte Le Parisien.

Le « dealer des stars » était pourtant bien positionné dans ce réseau de malfaiteurs, dont neuf prévenus comparaissaient devant la justice. Ils étaient poursuivis pour avoir importé 45 kg de cocaïne entre octobre 2015 et mars 2016 à Paris, Clichy (Hauts-de-Seine) et à l’aéroport de Roissy.

Deux d’entre eux ont été relaxés. Les deux hommes à la tête du réseau, Hamid et Faride, âgés de 33 et 63 ans, ont écopé respectivement de 6 et 4 ans de prison ferme. Tous les prévenus sont ressortis libres du tribunal, à l’exception d’Hamid.

Il livrait les stars du showbiz à leur domicile

Mounir, quant à lui, vivait dans un appartement parisien qui servait au stockage des produits stupéfiants qui lui étaient fournis par son grossiste Hamid. L’homme, originaire du Havre, avait un portefeuille d’une trentaine de clients qui le contactaient par téléphone.


Il s’occupait des livraisons en voiture, directement à leur domicile. Dès lors qu’il est entré dans le radar des enquêteurs, il a été placé sur écoute. C’est à cette occasion que les policiers ont entendu que des animateurs de télévision à succès faisaient partie de ses clients. Ces derniers passaient des appels ou écrivaient des SMS à leur revendeur.

Mounir était l’ami des personnalités en vue du petit écran. Les enquêteurs de la police judiciaire ont retranscrit un nombre incalculable de SMS et de discussions entre le dealer et ses clients huppés.

Des écoutes compromettantes

« Attends-moi trente secondes, je sors d’une émission », avait-il, par exemple, reçu de la part d’une animatrice de la chaîne C8, alors qu’il venait de lui annoncer son arrivée pour une livraison. Les stars de la télévision n’hésitaient pas à se transmettre le numéro de ce dealer, désormais habitué à naviguer dans le milieu du showbiz.

Si cette enquête au long cours a pu être menée à bien, c’est aussi grâce aux policiers infiltrés du Service interministériel d’assistance technique (SIAT) de la police judiciaire. Deux fonctionnaires undercover s’étaient fait passer pour d’importants trafiquants qui voulaient écouler de la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud.

Faride, un sexagénaire aux antécédents judiciaires de voleur qui s’était reconverti en trafiquant de drogue, avait gobé leur récit. Mais la tâche s’est révélée ardue pour les deux infiltrés. Ils ont dû rencontrer les membres de ce réseau à quinze reprises durant un an et demi.

La ténacité des enquêteurs finit par payer

À chaque fois que Faride prévoyait des envois depuis Saint-Martin, le Bénin ou la Colombie, ils étaient reportés et il évoquait diverses raisons pour expliquer ces rebondissements. Malgré tout, les enquêteurs ont poursuivi les surveillances et les contacts avec lui.

Leur ténacité a fini par payer : le 11 avril 2016, la cocaïne est enfin arrivée via un vol Air France en provenance de Rio de Janeiro (Brésil). Le piège tendu par les policiers s’est refermé. Ils ont saisi 45 kg de cocaïne et interpellé tous les membres de ce réseau.

Comme d’autres, le « dealer des stars », Mounir, a été placé en détention provisoire. Après deux mois d’incarcération, il a essayé de renouer des contacts avec ses clients en vue. Mais la nouvelle de son interpellation s’était déjà répandue dans le milieu de la Jet-Set comme une traînée de poudre. Ses anciennes relations ont alors coupé les ponts avec lui.

Les personnalités de la télé n’auraient pas été auditionnées

Face aux magistrats et aux enquêteurs, Mounir a fait des aveux complets. Il a toutefois minimisé son implication, évoquant sa dépendance au cannabis, qu’il ne pouvait acheter que grâce à son petit trafic, selon son avocat Me Tarek Koraitem.

Ce dernier s’est d’ailleurs étonné que dans ce dossier, les enquêteurs se soient contentés d’auditionner des consommateurs anonymes. D’après lui, « lorsque ces toxicomanes pouvaient avoir un lien avec show-business ou la télévision, ils n’ont pas été approchés », relate le quotidien francilien.