Près d’un détenu sur trois récidive dans l’année de sa sortie de prison montre une étude


Illustration. (PhotoPQR/Maxppp)

Une étude produite par le ministre de la Justice montre que plus les personnes incarcérées sont jeunes et ont des condamnations, plus elles sont susceptibles de récidiver.

31% des personnes sorties de prison en 2016 ont de nouveau écopé d’une condamnation pour une infraction commise l’année qui a suivi leur sortie de prison. C’est ce que révèle une étude publiée ce jeudi dans le bulletin d’information statistique de la justice, « Infostat justice ».

Cette étude réalisée par le service statistique du ministère de la Justice (SDSE) porte sur 41 500 personnes majeures condamnées et incarcérées, qui ont quitté un établissement pénitentiaire situé en France métropolitaine ou en Outre-mer en 2016. La moitié de ces détenus était âgé de moins de 30 ans avant leur entrée en détention, près des deux tiers avaient un faible niveau d’études et 86% d’entre eux avaient déjà été condamnés par le passé.

20% ont récidivé dans les six mois

Sur ces quelques dizaines de milliers de détenus dont la situation a été prise en compte par cette étude, 5% a récidivé dans les 30 jours suivant leur sortie de prison, et 20% dans les six mois. Les récidivistes ont à 79% été condamnés à une nouvelle peine d’emprisonnement ferme. Ce taux de récidive varie ensuite selon le type de délit ou crime initial. Les auteurs de vols simple (43%) ou de vols aggravés sans violence (39%) étant les plus susceptibles d’être à nouveau condamnés. Les auteurs de violences sexuelles récidivent peu à court terme (12%) tout comme les auteurs d’homicide (9%).

Les statisticiennes Frédérique Cornuau et Marianne Juillard, auteurs de cette étude, soulignent par ailleurs que les délits et crimes qui font l’objet d’un traitement judiciaire long peuvent néanmoins ne pas avoir été pris en compte et « une sous-estimation de la récidive est donc probable ».

D’autre part, les hommes sont deux plus fois concernés par la récidive que les femmes. Les personnes au lourd passé judiciaire et qui présentent également des troubles psychologiques et psychiatriques récidivent également plus que les autres.