Rennes : 7 militaires jugés après la noyade d’un élève officier à Saint-Cyr


Des élèves de Saint-Cyr lors d'un défilé militaire. Illustration (Wikimedia)

Une soirée d’intégration avait viré au drame et causé la mort par noyade du sous-lieutenant Jallal Hami âgé de 24 ans, en octobre 2012.

Sept ans après le drame, un procès doit s’ouvrir ce lundi pour « homicide involontaire » au tribunal correctionnel spécialisé en matière militaire de Rennes (Ille-et-Vilaine).

La justice doit établir les responsabilités pour la mort de l’élève officier Jallal Hami lors d’une soirée de « bahutage », destinée à transmettre les traditions de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan), qui forme les officiers de l’armée française.

Mort noyé

Cette nuit du 29 au 30 octobre 2012 fut fatale à l’élève officier. Sur le thème du débarquement des Alliés en Provence en 1944, les élèves de seconde année avaient organisé une épreuve pour les nouveaux incorporés, relate 20 minutes.

Ils étaient onze à se lancer simultanément dans un étang dans une eau à 9°C, avec casque et rangers, au son de « Walkyrie » de Wagner. Plusieurs élèves s’étaient trouvés en difficulté, buvant la tasse et s’agrippant les uns aux autres. Les organisateurs avaient même dû leur lancer des bouées.


C’est dans ce plan d’eau de 2 mètres de profondeur et presque 50 mètres de long que Jallal Hami a trouvé la mort, rapporte Ouest-France.

Les pompiers prévenus une heure plus tard

Le tribunal devra établir les responsabilités dans ce drame. L’élève avait été déclaré disparu peu après minuit, mais les pompiers n’avaient été prévenus qu’une heure plus tard.

C’est eux qui avaient finalement retrouvé le corps du jeune homme près de la berge à 2h35 du matin.

« Si regrettable soit la disparition de ce valeureux garçon, élève officier brillant et prometteur, il n’y a pas, me semble-t-il, de faute caractérisée de nature à entraîner la condamnation » a déclaré l’avocat de l’un des prévenus.

Un point de vue que l’association de défense des droits des militaires – qui s’est constituée partie civile – ne partage pas. « Les élèves n’étaient pas habilités à faire un exercice de franchissement, il n’y avait pas de moyens réglementaires, ce n’est pas acceptable ! », a déclaré son président, qui évoque un « bizutage ».