Sarcelles : Les policiers ont interdiction d’effectuer une course-poursuite excepté en cas de «crime de sang»


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Dans une note de service, la commissaire en charge de la circonscription de Sarcelles (Val-d’Oise) rappelle à ses effectifs qu’il ne sont pas autorisés à se lancer dans une course-poursuite avec un automobiliste ou un motard, qui refuserait d’obtempérer.

En juillet 2020, le préfet de police de Paris Didier Lallement avait publié une note dans laquelle il indiquait que les policiers pouvaient désormais effectuer « des prises en charge » de véhicule refusant de s’arrêter. Une consigne qui concerne les policiers de la capitale et ceux de la petite couronne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. « Désormais, la poursuite des véhicules refusant d’obtempérer aux injonctions de la police pourra être engagée par un équipage », précise cette instruction.

Le préfet mentionne néanmoins que les fonctionnaires doivent agir avec « le discernement nécessaire » et que cette action « fera l’objet d’un compte rendu immédiat au centre de commandement et d’information (CIC) qui évaluera le bien-fondé de cette intervention ». Cette note a remplacé la précédente qui datait de 2015 et qui interdisait les poursuites, excepté lorsqu’il s’agissait d’une intervention suite à des « crimes de sang », notamment.

« Il n’y aura aucune prise en charge tolérée »

Mais dans le Val-d’Oise, la situation est différente et ce, malgré le fléau des rodéos sauvages. La commissaire Fabienne Azalbert, cheffe du commissariat de Sarcelles, a en effet diffusé une note ce mercredi où elle interdit aux policiers sous ses ordres de se lancer dans une course-poursuite lorsqu’ils essuient un refus d’obtempérer selon nos informations, confirmant celles du Parisien. « Si le conducteur du véhicule n’obtempère pas immédiatement aux injonctions visuelles ou sonores, il n’y aura aucune prise en charge tolérée », écrit-elle. « Il vous est rappelé que lors d’un refus d’obtempérer commis, les conducteurs décuplent les infractions au code de la route et mettent en danger les usagers de la route et également leur propre intégrité physique », argumente la commissaire.

Il est également écrit que « la prise en charge d’un deux roues ou d’un quatre roues est totalement proscrite de part sa dangerosité ». Les policiers ne peuvent donc pas poursuivre un conducteur qui refuserait un contrôle, « excepté lors d’un refus d’obtempérer commis par le ou les auteurs d’un crime de sang flagrant », nuance la commissaire.

« C’est une honte » réagit un syndicat

« C’est un aveu d’échec complet. Nous baissons totalement les bras une nouvelle fois par rapport à la délinquance », réagit Franck Lebas, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police FO, au Parisien. « Cela risque d’instaurer des zones de non-droit dans les quartiers difficiles et signifie qu’un délinquant peut rentrer chez lui tranquillement pendant que le policer rédige son PV, c’est une honte », s’exclame Audrey Vagner, secrétaire régional adjointe du syndicat Alliance Police Nationale.

La direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Val-d’Oise, interrogée par nos confrères, affirme pour sa part préférer une enquête « au long cours et identifier les auteurs », et ainsi éviter de « mettre inutilement en danger la vie de la population, des policiers et des délinquants ». « La note de service de Sarcelles n’est qu’un rappel de celle datant de 1999 », précise-t-on. « Le plus important est de faire cesser les rodéos urbains, mais sans risquer de vie humaine », poursuit la DDSP.