Sécurité globale : Le Sénat adopte le texte visant à autoriser le port d’armes des policiers hors service


Un Sig Sauer SP 2022. (photo Thomas Padilla/Maxppp)

Le Sénat a adopté ce jeudi la disposition du texte « sécurité globale » visant à autoriser le port d’armes par les policiers hors service dans les lieux accueillant du public.


Malgré l’opposition d’élus de tous bords, le Sénat a voté par 214 voix pour et 121 contre, cet article de la proposition de loi « Sécurité globale » qui prévoit que les policiers et gendarmes qui portent leurs armes en dehors de leurs heures de service, ne peuvent se voir refuser l’accès aux établissements recevant du public comme les cinémas, les théâtres ou les centre commerciaux notamment.

Le texte avait précédemment été adopté à l’Assemblée nationale en première lecture et ne pourra plus être modifié dans la suite de la navette.

Il a fait l’objet d’une série d’amendements visant à sa suppression, notamment par les groupes PS, CRCE, et écologistes, ainsi que par des sénateurs du groupe RDSE et notamment plus d’une vingtaine de cosignataires centristes, Les Républicains et Indépendants, explique Le Figaro. « Quel sentiment éprouvons-nous si dans une salle de spectacle nous voyons à côté de nous une personne en civil qui porte une arme ? Est-ce que vous vous sentez rassuré, ou est-ce que vous vous sentez inquiet ? », s’est interrogé le président centriste de la commission de la Culture Laurent Lafon.

Ce texte « soulève beaucoup de questions et pourrait même représenter un danger », a également opposé Sylvie Robert (PS) évoquant la possibilité d’un « accident ».


« C’est aussi pour protéger les lieux de culture, les lieux de fête »

De son côté, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a défendu la mesure, en expliquant que si elle « existe, c’est aussi pour protéger les lieux de culture, les lieux de fête, qui sont des lieux visés par les terroristes ». « Il y a aujourd’hui plus de 30 000 policiers au moins qui rentrent chez eux ou qui vivent en dehors de leur service avec leurs armes », avec l’autorisation de leur hiérarchie, a-t-il rappelé.

« Il y a simplement une coutume qui veut le patron ou la patronne de l’établissement recevant du public peut refuser l’entrée » a ajouté la ministre. « Il n’y a pas de cadre légal, mais simplement un article réglementaire du code de sécurité intérieure, nous proposons d’instaurer une législation ».