Seine-Saint-Denis : Une infirmière à domicile se trompe de produit, l’injecte à sa patiente et la tue


Illustration. (shutterstock)

Une enquête pour homicide involontaire par injection médicamenteuse a été ouverte.


INFO ACTU17. Il s’agirait d’un dramatique accident. Ce jeudi matin vers 11h40, une infirmière à domicile s’est présentée au domicile de sa patiente allée de Suffren à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), pour lui faire une injection par voie intraveineuse, cette dernière étant atteinte d’un cancer.

Une fois l’injection réalisée, la patiente a été prise de vomissements et a fait un arrêt cardio-respiratoire. Les secours ont été alertés et les sapeurs-pompiers ainsi que le SAMU sont arrivés sur place. Malgré leurs tentatives de réanimations, la femme a été déclarée morte.

Elle reconnaît avoir injecté du chlorure de potassium par inadvertance

L’infirmière a été entendue par les policiers du commissariat de Neuilly-sur-Marne et leur a avoué avoir injecté par erreur, du chlorure de potassium, une solution hypertonique qui peut provoquer la mort en cas de surdosage comme l’explique l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sur son site internet.

Les médecins donnent fréquemment du potassium aux patients carencés, et l’ajoutent à des poches d’hydratation destinées à être perfusées.


Le parquet a été avisé et une enquête a été ouverte pour homicide involontaire par injection médicamenteuse. Les investigations ont été confiées au commissariat de Neuilly-sur-Marne et vont devoir déterminer ce qu’il s’est exactement passé, notamment s’il s’agit bien d’un accident.

D’autres cas mortels

Ce n’est pas la première fois que le chlorure de potassium est à l’origine du décès d’un patient. Un enfant de 2 ans et demi faisant une crise aiguë de diabète avait été victime d’une erreur mortelle d’une infirmière et d’un pédiatre en 2012, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Ces derniers ont écopé de 6 mois de prison avec sursis trois ans plus tard.

Le chlorure de potassium a aussi été cité dans l’affaire de l’anesthésiste de Besançon, Frédéric Péchier, qui est soupçonné d’en avoir administré à plusieurs patients. Ce dernier a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour l’empoisonnement de 24 patients, dont 9 sont décédés. L’instruction est toujours en cours dans ce dossier.