Affaire Dupont de Ligonnès : l'évêque de Carcassonne dément le témoignage diffusé sur M6 et saisit l'Arcom

Sur M6, un homme se présentant comme prêtre a affirmé avoir recueilli la confession de Xavier Dupont de Ligonnès en 2022. Le diocèse de Carcassonne dément tout accord et annonce saisir l'Arcom.
Affaire Dupont de Ligonnès : l'évêque de Carcassonne dément le témoignage diffusé sur M6 et saisit l'Arcom
Xavier Dupont de Ligonnès a disparu depuis le 14 avril 2011. (DR)
Par Actu17
Le mercredi 3 juin 2026 à 12:12

L'évêque de Carcassonne et Narbonne (Aude), Mgr Bruno Valentin, a démenti, ce mercredi 3 juin, avoir donné son accord au témoignage d'un homme se présentant comme prêtre, qui a affirmé la veille sur M6 avoir recueilli la confession de Xavier Dupont de Ligonnès. Diffusé mardi soir dans l'émission Appel à témoins, ce récit a été fermement contesté par l'homme d'Église, qui dénonce une séquence trompeuse et annonce vouloir saisir l'Arcom, selon BFMTV.

Présentée par Julien Courbet et annoncée de longue date, l'émission promettait des témoignages inédits et des éléments laissant penser que Xavier Dupont de Ligonnès serait toujours en vie. Au cours de la soirée, un homme se présentant comme le "père Marc" a affirmé avoir reçu sa confession en 2022, au monastère de Plavilla, plus de dix ans après les meurtres. Décrit comme un homme "très mal dans sa peau", le fugitif serait resté quatre jours sur place et aurait beaucoup pleuré avant d'avouer ses crimes. Cet homme a soutenu avoir levé le secret de la confession avec l'accord de l'évêque de Carcassonne. À la fin de l'émission, il a assuré posséder un cliché du fugitif et s'est engagé à le transmettre à la chaîne. La photo n'a finalement jamais été montrée à l'antenne.

Le démenti de l'évêque de Carcassonne

Dès le lendemain matin, Mgr Bruno Valentin a réagi dans une vidéo publiée sur la page Facebook du diocèse. "Jamais personne ne m'a contacté à propos de l'affaire évoquée -ni celui qui a pris la parole, ni même M6- avant de diffuser de tels propos. Je déplore donc ce manque de rigueur et de professionnalisme qui a abouti à une séquence trompeuse pour le public", a-t-il déclaré.

L'évêque est allé plus loin en mettant en doute l'existence même de ce prêtre. "Il n'y a pas de père Marc dans cette communauté, à ma connaissance. Je n'ai reconnu aucune voix et franchement, je ne vois pas du tout qui ça pourrait être parce qu'il y a beaucoup d'invraisemblance", a-t-il confié à BFMTV.

Mgr Bruno Valentin a annoncé son intention de signaler la séquence au régulateur de l'audiovisuel. "Comment M6 peut à nouveau se prêter à une séquence pareille? Je ne comprends pas. Je suis en train de regarder les modalités pour saisir l'Arcom. J'ai l'intention de saisir l'Arcom", a-t-il expliqué auprès de la chaîne d'informations. L'homme d'Église a également pointé un préjudice pour le diocèse et la responsabilité des médias : "Les médias ont une responsabilité de vérité de leur travail à laquelle ils ne peuvent pas échapper juste pour faire de l'audience."

Julien Courbet dit avoir été «roulé dans la farine»

De son côté, Julien Courbet avait pris des précautions dès la clôture de l'émission, mardi soir. "Il va falloir tout vérifier. Mais j'affirme ici que nous ne pouvons pas dire que c'est vrai à 100 % tant que nous n'avons pas vraiment vérifié", avait-il indiqué, selon Paris Match. Le lendemain matin, dans son émission Ça peut vous arriver, diffusée sur RTL et M6, l'animateur a reconnu avoir "peut-être été un peu roulé dans la farine", estimant que "ce monsieur visiblement n'était pas curé".

Xavier Dupont de Ligonnès est soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants en avril 2011. Les cinq corps avaient été ensevelis sous la terrasse de la maison familiale, à Nantes (Loire-Atlantique). Repéré sur des images de vidéosurveillance le 14 avril 2011, dans le Var, il a ensuite disparu. Visé par un mandat d'arrêt, il est resté l'un des hommes les plus recherchés de France. L'affaire a régulièrement donné lieu à de fausses pistes. En octobre 2019, un homme interpellé à l'aéroport de Glasgow (Écosse) avait été pris à tort pour le fugitif, avant d'être mis hors de cause par des tests d'empreintes et d'ADN. À ce jour, les enquêteurs ignorent toujours s'il est encore en vie.