Le mercredi 22 juillet 2026 à 15:46
Un bilan provisoire fait état de 5 764 décès en excès en France entre le 17 juin et le 2 juillet 2026, période marquée par une canicule ayant touché la quasi-totalité du territoire. Santé publique France, qui a communiqué ces chiffres ce mercredi 22 juillet, évoque une surmortalité inédite depuis la canicule de 2003. L'épisode a concerné 92 départements et l'ensemble des classes d'âge à partir de 15 ans.
Cette première estimation, portant sur les décès "toutes causes" confondues, équivaut à un taux de surmortalité de 36%. Sur ce total, plus de 50% des décès sont survenus lors des seules journées des 25, 26 et 27 juin. Les 24 et 25 juin constituent, eux, les deux journées les plus chaudes jamais mesurées dans le pays. À ce stade, cette surmortalité "toutes causes" ne peut pas encore être attribuée avec certitude à la chaleur.
Les personnes âgées, premières victimes
Au moins 3 719 décès en excès, soit les deux tiers du total, ont frappé les 75 ans et plus. Cette classe d'âge demeure la plus exposée, du fait d'un état de santé souvent plus fragile. Les 45-64 ans ont eux aussi été durement frappés : 979 décès supplémentaires ont été relevés dans cette tranche, un niveau supérieur de 55% à celui habituellement constaté à cette période. Santé publique France souligne que la hausse a été constatée pour "toutes les classes d'âge à partir de 15 ans", avec une "augmentation marquée dès 45 ans", ce que l'agence juge "inédit".
Sur le plan géographique, 98,5% de la population hexagonale a été affectée, à une période encore importante d'activités scolaires et professionnelles. L'Île-de-France figure parmi les territoires les plus éprouvés : avec 1 999 décès, la région y a vu sa mortalité grimper à deux fois son niveau habituel. La Corse, l'Occitanie et la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur se sont montrées un peu moins exposées.
Un épisode plus intense qu'en 2003
D'une "précocité" et d'une "durée inédites", cet épisode a été plus intense que celui d'août 2003, qui avait causé 15 000 morts. Ce bilan vient s'ajouter à 300 décès en excès déjà comptabilisés lors d'un premier coup de chaud, survenu du 24 au 28 mai, plus court et intervenu plus tôt dans la saison. Le pays a par ailleurs connu un troisième épisode de fortes chaleurs à la mi-juillet. Pour mémoire, l'agence avait recensé 5 700 morts liées à la chaleur sur l'intégralité de l'été 2025 dans son bilan définitif.
Ces données restent à ce stade "non consolidées". Elles devront être confirmées par les analyses plus précises du bilan de fin de période de surveillance estivale, attendu à l'automne.