Le mercredi 18 mars 2026 à 17:18
Le futur porte-avions français portera le nom de France Libre. Emmanuel Macron a fait cette annonce mercredi 18 mars à Indret (Loire-Atlantique), sur le site de Naval Group où sont fabriquées les chaufferies nucléaires du bâtiment. Ce navire de nouvelle génération, dont la construction a été lancée en décembre dernier, doit entrer en service en 2038 et succéder au Charles-de-Gaulle.
Pour justifier ce choix, le président de la République a invoqué "l'esprit français, un esprit de résistance pour demeurer libre". "Ce nom scelle donc pour l'avenir un serment pour rester libre", a-t-il déclaré. "Pour que la France reste libre, il faut être craint, pour être craint il faut être puissant et pour être puissant, il faut être prêt aux efforts : soyons irréductibles, uni et sans relâche", a-t-il lancé devant les équipes du constructeur naval.
Un navire «1,8 fois supérieur» au Charles-de-Gaulle
Le chef de l'État a également détaillé les caractéristiques du futur bâtiment. "Notre prochain porte-avions sera de 310 mètres de long. Il déplacera 80 000 tonnes. Il disposera de deux réacteurs nucléaires. Il représentera un tonnage 1,8 fois supérieur à celui du Charles-de-Gaulle", a-t-il précisé. Le navire sera doté de trois catapultes, contre deux actuellement, ce qui lui permettra de catapulter et de récupérer des avions simultanément. Il embarquera des avions de combat ainsi que des drones et sera armé par un équipage de 2 000 marins.
Emmanuel Macron a rappelé le rôle central du porte-avions dans la stratégie de défense française. "Un porte-avions nucléaire participe de manière indispensable à notre capacité de dissuasion", a-t-il souligné, en référence à son récent discours sur la doctrine nucléaire prononcé à l'île Longue début mars. "Rares sont les pays capables de projeter à des milliers de kilomètres de leurs côtes une telle combinaison de puissance aérienne, navale et de commandement", a-t-il ajouté. Le 9 mars, le président s'était rendu sur le Charles-de-Gaulle, en Méditerranée orientale, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient.
Le "France Libre" : Emmanuel Macron annonce le nom du prochain porte-avions qui sera opérationnel en 2038 pic.twitter.com/zODpYQrYy0
— LCI (@LCI) March 18, 2026
Un «investissement majeur» de près de 10 milliards d'euros
Le chantier représente un effort industriel et financier considérable. Le président a évoqué un "investissement majeur" de près de 10 milliards d'euros, dont 90% bénéficieront directement à des entreprises françaises. Les chaufferies nucléaires sont actuellement fabriquées à Indret, tandis que la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031. "Cet exploit humain suppose l'effort de la nation", a résumé le chef de l'État.
La France restera, avec les États-Unis, le seul pays au monde à disposer d'un porte-avions à propulsion nucléaire.