Le vendredi 20 mars 2026 à 13:18 - MAJ vendredi 20 mars 2026 à 13:28
L'actrice, réalisatrice et chroniqueuse Isabelle Mergault est décédée ce vendredi 20 mars 2026, à l'âge de 67 ans, des suites d'un cancer des poumons métastasé au foie. Elle était hospitalisée depuis plusieurs semaines à l'hôpital Ambroise-Paré de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Sa famille a annoncé la nouvelle dans un communiqué relayé par RTL. "Tout est allé très vite", a confié un proche à Paris Match. Figure incontournable du paysage audiovisuel français, sociétaire emblématique des Grosses Têtes et réalisatrice césarisée, Isabelle Mergault laisse derrière elle une carrière riche, menée entre cinéma, radio et théâtre.
Née le 11 mai 1958 dans le 14e arrondissement de Paris, d'un père chirurgien et d'une mère dermatologue, Isabelle Mergault avait grandi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Atteinte d'un défaut de prononciation — un "chuintement" sur les sons "ch" et "j" —, elle avait consulté un orthophoniste à 18 ans, qui lui avait conseillé de le garder, estimant que cette particularité l'aiderait à se démarquer dans le milieu du spectacle. En 1979, elle avait décroché son premier rôle au cinéma dans La Dérobade de Daniel Duval. Les seconds rôles comiques s'étaient ensuite enchaînés, notamment dans P.R.O.F.S. (1985) et Lévy et Goliath de Gérard Oury (1987), avant qu'elle ne décide, en 1991, d'arrêter sa carrière d'actrice. "Je n'aime pas tourner dans les films, je n'aime pas la caméra", avouait-elle.
Des «Grosses Têtes» à la «bande à Ruquier»
C'est au début des années 1990 qu'elle avait rejoint Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL, où son chuintement et son sens de la répartie avaient fait d'elle un personnage attachant et populaire. À la fin de la décennie, elle avait basculé dans le camp de Laurent Ruquier, intégrant sa bande dans Rien à cirer sur France Inter, puis On va s'gêner sur Europe 1 et On a tout essayé sur France 2. Ruquier lui avait écrit deux pièces sur mesure — La Presse est unanime (2003) et Si c'était à refaire (2005) — avant qu'elle ne le suive à nouveau en 2014, lorsqu'il avait repris Les Grosses Têtes sur RTL.
En parallèle, Isabelle Mergault s'était consacrée à l'écriture. Elle avait signé les scénarios de plusieurs films avant de rédiger, seule, celui d'une comédie mettant en scène un agriculteur veuf cherchant une compagne pour l'aider aux travaux des champs. Michel Blanc, qui incarnait ce paysan bourru, et le producteur Jean-Louis Livi l'avaient convaincue de passer derrière la caméra. Je vous trouve très beau, sorti début 2006, avait été un immense succès avec plus de 3,5 millions d'entrées et lui avait valu le César du meilleur premier film en 2007. Trois autres longs-métrages avaient suivi : Enfin veuve (2008), Donnant donnant (2010) et Des mains en or (2023), porté par Lambert Wilson et Josiane Balasko.
«Je ne sais que faire rire»
C'est surtout au théâtre qu'Isabelle Mergault avait enchaîné les succès, écrivant et jouant dans plusieurs pièces à partir de 2011 : L'Amour sur un plateau, Adieu je reste !, La Raison d'Aymé avec Gérard Jugnot, ou encore Le Bracelet en 2024. "Je ne sais que faire rire, je me nourris des rires des autres", expliquait-elle. Sur le plan personnel, elle avait adopté en 2010 une petite fille d'origine nigérienne prénommée Maya.
«On embrasse Isabelle en pensant à Sacha Guitry»
Depuis la fin de l'année 2025, son absence dans Les Grosses Têtes avait inquiété les auditeurs. Le 6 janvier 2026, Laurent Ruquier avait tenté de rassurer son public : "En ce moment, elle est absente, mais elle reviendra dès que possible. On embrasse Isabelle en pensant à Sacha Guitry."Elle ne reviendra pas. "Je suis hantée par la mort. J'y pense dix fois par jour. J'ai une terrible conscience d'être mortelle", avait-elle lancé un soir sur le plateau de Laurent Ruquier. Lors de l'une des émissions des Grosses Têtes, une citation avait été soumise aux sociétaires : "Mais, dans la vie, hélas ! on ne fait pas tomber le rideau quand on veut."C'était du Guitry, évidemment.