«La coupe est pleine» : Le syndicat Alliance Police Nationale appelle à manifester le 30 juin devant Bercy

Le premier syndicat des gardiens de la paix et gradés a appelé à se rassembler devant le ministère de l'Économie à Paris, dénonçant des blocages budgétaires après une revalorisation accordée aux commissaires de police.
«La coupe est pleine» : Le syndicat Alliance Police Nationale appelle à manifester le 30 juin devant Bercy
Des militants du syndicat Alliance Police Nationale à Paris lors d'une manifestation, le 20 avril 2021. (Jan Schmidt-Whitley / Le Pictorium / Maxppp)
Par Actu17
Le lundi 22 juin 2026 à 20:22

Le syndicat Alliance Police Nationale, premier syndicat des gardiens de la paix et gradés, a annoncé l'organisation d'un rassemblement le mardi 30 juin prochain à 12h30 devant le ministère de l'Économie et des Finances, à Bercy, dans le XIIe arrondissement de Paris. L'organisation entend dénoncer les blocages budgétaires et l'absence de mesures concrètes pour les policiers du terrain, alors qu'une revalorisation vient d'être actée pour les commissaires de police. Elle lance un appel à l'ensemble des organisations syndicales de la police nationale afin de se mobiliser de manière unitaire.

À l'origine de cette colère, une décision actée la semaine dernière en faveur du corps de conception et de direction. "La semaine dernière, une augmentation pour les commissaires de police a été actée en comité ministériel. Nous avons quitté ce comité en refusant de participer à cette mascarade", a réagi auprès d'Actu17 Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance Police Nationale. "Aujourd'hui, pour nos collègues gradés et gardiens, PATS, scientifiques, agents des préfectures, on nous explique qu'il n'y a pas de budget. Par contre, quand il s'agit des autres corps, là on sait trouver de l'argent", poursuit-il. "Cela fait deux ans que l'on dénonce les blocages budgétaires, ça suffit, on se fout de nous", estime le patron d'Alliance. "Nous appelons tous les syndicats à nous rejoindre le 30 juin devant Bercy", conclut-il.

Reconnaissance, mesures indiciaires et respect de la LOPMI

Dans son communiqué, Alliance Police Nationale détaille ses constats : des "conditions de travail dégradées", un "malaise grandissant dans les services d'investigation", un "surengagement permanent des CRS", ainsi qu'un "manque d'attractivité de nombreux services". Le syndicat pointe également l'"absence de réponses concrètes pour le corps d'encadrement et d'application" et des "blocages budgétaires inacceptables freinant les évolutions attendues par les policiers, les PATS et les personnels scientifiques".

L'organisation formule plusieurs exigences : une "reconnaissance immédiate du corps d'encadrement et d'application, des PATS et des personnels scientifiques", de "véritables mesures indiciaires pour les policiers du terrain", des "perspectives de carrière à la hauteur de l'engagement des personnels", des "moyens adaptés aux missions" et "le respect de l'intégralité des engagements de la LOPMI pour tous les personnels".

Un appel à l'unité syndicale

Pour Alliance Police Nationale, le rassemblement du 30 juin se veut unitaire, "au-delà des étiquettes syndicales". Dans une lettre rendue publique par le syndicat et adressée à Grégory Joron, secrétaire général d'Un1té, Fabien Vanhemelryck appelle solennellement cette organisation à rejoindre la mobilisation. "L'heure n'est plus aux divisions mais à l'unité d'action pour obtenir les réponses que nos collègues attendent légitimement", écrit-il, espérant pouvoir compter sur la présence d'Un1té aux côtés d'Alliance.

Le syndicat prévient enfin que sans engagement fort du gouvernement et sans réponses concrètes aux attentes des personnels, "la rentrée sociale de septembre 2026 pourrait marquer le début d'une mobilisation nationale de grande ampleur".