Paris : Agents privés, vitrines protégées, fermeture anticipée… les consignes du préfet aux commerçants avant samedi

À l'approche d'une nouvelle journée de mobilisation samedi 24 octobre à Paris, le préfet de police invite les commerçants à recourir à des agents privés, à protéger leurs vitrines et à avancer leur fermeture, quelques jours après les pillages du 17 octobre.
Paris : Agents privés, vitrines protégées, fermeture anticipée… les consignes du préfet aux commerçants avant samedi
Le magasin Etam près de la place de la Bastille, vendredi 16 octobre 2026 dans la soirée. (Illustration / SC / A17)
Par Actu17
Le jeudi 22 octobre 2026 à 16:10

Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, demande aux commerçants de la capitale de se protéger avant les manifestations lycéennes et contre la vie chère prévues ces prochains jours, notamment samedi 24 octobre. Dans un courrier envoyé ce mercredi 21 octobre, quelques jours après les violences et les pillages du 17 octobre, il leur recommande de renforcer la sécurité de leurs établissements, d'adapter leurs horaires et de mettre à l'abri tout ce qui pourrait servir de projectile.

Ce courrier a été adressé aux élus parisiens, invités à relayer les recommandations auprès des commerçants de leurs arrondissements. Il est parti mercredi soir, précise franceinfo, qui a pu le consulter. Le préfet y revient sur les "violences et pillages d'une gravité exceptionnelle" commis en marge des rassemblements des 17 et 18 octobre. "Plusieurs dizaines de commerces ont été dégradés ou pillés, et certains d'entre vous ou de vos adhérents ont été directement touchés, parfois dans leur intégrité physique", écrit Patrice Faure. Il met en cause des "individus étrangers aux organisateurs", qui profiteraient des cortèges ou de la mobilisation policière pour commettre des violences et dérober des marchandises, parfois loin des parcours officiels.

Un dispositif policier qui ne peut «garantir à lui seul la protection de chaque établissement»

Le préfet reconnaît les limites de la présence policière. "Ces prochains jours […] un dispositif de maintien de l'ordre renforcé sera déployé. Il ne peut toutefois garantir à lui seul la protection de chaque établissement", prévient-il. Ses recommandations visent en priorité les commerces situés sur ou à proximité des parcours, qui restent à définir, ainsi que ceux des secteurs concernés par une manifestation déclarée ou interdite.

Fermer plus tôt, voire ne pas ouvrir

Patrice Faure conseille aux commerçants qui le peuvent de recourir à des agents de sécurité privée, accompagnés le cas échéant d'équipes cynophiles, et de vérifier le bon fonctionnement de leurs systèmes d'alarme et de vidéoprotection. Il les invite aussi à avancer la fermeture, voire à ne pas ouvrir "pendant la durée de la manifestation et la soirée qui suit". Une fermeture temporaire est également recommandée au passage de cortèges sauvages.

Le préfet demande par ailleurs de baisser les rideaux métalliques, de protéger les vitrines et de rentrer les terrasses. Il recommande d'éviter de sortir les poubelles sur la voie publique et de mettre à l'abri "tout objet pouvant servir de projectile ou d'alimenter une barricade", afin de limiter les risques d'incendie et de blocage.

En cas de troubles, la consigne est claire : "Restez à l'intérieur, ne vous interposez pas et composez le 17." Patrice Faure assure les commerçants et les restaurateurs de "l'engagement total des policiers, des gendarmes et des sapeurs-pompiers mobilisés pour protéger les Parisiens, leurs commerces et leur ville".

Selon la Ville de Paris, qui a dévoilé ce jeudi un bilan du week-end du 17 et 18 octobre, "451 commerces" ont été "vandalisés, de toute taille et toutes typologies confondues, dont 228 commerces pillés et 223 commerces dégradés".

Seules les manifestations syndicales autorisées samedi

Mercredi, la préfecture de police a pris un arrêté interdisant la manifestation déclarée par le collectif Interfac IDF, prévue ce jeudi à Paris. Elle a invoqué "l'incapacité de l'organisateur à éviter les exactions" constatée lors des rassemblements précédents. Le tribunal administratif de Paris a finalement autorisé la manifestation organisée par l'Interfac prévue à 14 heures depuis l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le XIIIe arrondissement de Paris, a annoncé l'organisation sur Instagram.

Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi à la mi-journée, à la suite d'un nouveau conseil de sécurité, que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées ce jour-là, avec des tracés pensés pour protéger les commerces et maintenir le calme.

À Paris, la manifestation du 24 octobre partira de la place de la Bastille pour se rendre à Nation. Le parcours a été validé par la préfecture de police. Les Gilets jaunes souhaitaient manifester de la place de la Bastille jusqu'à celle de l'Opéra, mais ont reçu un refus des autorités.