Paris : Interdit par la préfecture, le concert de LFI pour la Fête de la musique autorisé par la justice

Saisie en référé par LFI, la justice administrative a levé l'interdiction prononcée par la préfecture de police, estimant que les risques de troubles à l'ordre public n'étaient pas suffisamment caractérisés et que plusieurs des personnalités controversées n'étaient finalement pas attendues.
Paris : Interdit par la préfecture, le concert de LFI pour la Fête de la musique autorisé par la justice
La place de la République à Paris, le 27 juillet 2024. (Illustration / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 19 juin 2026 à 17:50 - MAJ vendredi 19 juin 2026 à 19:01

Le concert de La France insoumise (LFI) prévu dimanche place de la République, à Paris, pour la Fête de la musique, pourra finalement se tenir. Le tribunal administratif a suspendu, ce vendredi 19 juin, l'arrêté par lequel le préfet de police avait interdit l'événement, jugeant les risques de troubles à l'ordre public insuffisamment établis.

Signé mercredi soir par la préfecture de police, le texte d'interdiction soulignait que l'"événement devrait accueillir notamment le Comité Adama et sa fondatrice, Assa Traoré, les rappeurs Médine et Soso Maness". Concernant ce rappeur, la préfecture s'appuyait sur son interprétation du titre "Tout le monde déteste la police" lors de la Fête de l'Humanité, en 2021. Selon le préfet, leur présence risquait d'"attirer un public hostile aux forces de l'ordre et de donner lieu à la diffusion de propos appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence vers les institutions et les représentants de la force publique". Il craignait aussi des heurts entre groupuscules d'ultradroite et d'ultragauche.

Le gouvernement avait soutenu la préfecture

La veille de la décision de justice, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait apporté son soutien à la mesure. "La Préfecture de police de Paris est dans son rôle, elle constate des risques de trouble à l'ordre public du fait d'invités qui ont tenu par le passé des propos injurieux, notamment à l'encontre des forces de l'ordre", avait-elle déclaré jeudi matin.

Une interdiction possible «qu'en dernier recours»

Le tribunal administratif a écarté ces arguments. "Le tribunal a estimé que les risques de troubles à l'ordre public invoqués par l'arrêté pour justifier l'interdiction n'étaient pas suffisamment justifiés par le préfet, en relevant qu'aucun des éléments produits ne permettait de les conforter", a indiqué la juridiction administrative dans son communiqué. Les magistrats ont rappelé que "l'interdiction d'une réunion ne peut être décidée qu'en dernier recours".

Ils ont également relevé que "les organisateurs de cette manifestation n'avaient prévu ni la participation d'Assa Traoré ni celle des rappeurs Médine et Soso Maness". Le juge des référés "a également noté que les pièces versées au dossier ne permettaient pas de justifier l'existence de risques de troubles matériels à l'ordre public ou de la commission suffisamment certaine et imminente d'infractions pénales", poursuit le communiqué.