Le mardi 30 juin 2026 à 11:52
UNSA Police a pris ses distances, ce mardi 30 juin, avec le rassemblement organisé le jour même à 12h30 devant le ministère de l'Économie et des Finances, à Bercy, dans le XIIe arrondissement de Paris, à l'appel d'Alliance Police Nationale et d'Un1té. Dans une lettre ouverte signée par son secrétaire général Thierry Clair, le syndicat a refusé de s'associer à cette mobilisation, qu'il a qualifiée de "mise en scène" et d'"affichage électoral", à moins de six mois des élections professionnelles. La veille, UNSA Police a cosigné un communiqué intersyndical appelant à un véritable travail de fond plutôt qu'à une action menée "de manière isolée".
Ce lundi, un texte commun a été publié par plusieurs organisations : UNSA Police, le SPPN, l'UDO (Union des officiers), le SNPPS-FASMI, UNSA ATS, le SCSI, Alternative Police et Alternative Police PATS. Sous le titre "Ensemble, engageons un travail de fond plutôt qu'une simple mise en scène", l'intersyndicale a critiqué un appel à la mobilisation lancé "de manière isolée, mêlant surenchère et confusion". "On ne peut feindre de découvrir les difficultés structurelles à seulement quelques mois des élections professionnelles", ont écrit les signataires, dénonçant "un affichage électoraliste", et insistant : "Le syndicalisme ne doit pas être le spectacle d'un jour."Ces organisations ont constaté qu'"aucune véritable démarche unitaire n'a été initiée en amont", sans "table ronde préalable" ni "communiqué conjoint". Plutôt que de voir Alliance et Unité poursuivre une action isolée, elles se sont dites convaincues qu'il était "opportun et indispensable" de leur "tendre la main", et ont demandé "l'ouverture immédiate d'une table ronde intersyndicale élargie".
INTERSYNDICALE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Face aux appels à la mobilisation isolés et aux stratégies d'affichage électoraliste, notre Intersyndicale choisit la clarté, l'honnêteté et la responsabilité. Le syndicalisme ne doit pas être le spectacle d'un jour ! Nos collègues… pic.twitter.com/yxuZAgjhIs
— UNSA POLICE (@UNSAPOLICE) June 29, 2026
Le refus d'un «syndicalisme de spectacle»
Dès le lendemain, UNSA Police a durci le ton dans une lettre ouverte distincte, signée par Thierry Clair. Le secrétaire général y a clarifié la position de son organisation, estimant que "les conditions actuelles ne relèvent pas de l'action syndicale, mais de la mise en scène". Le syndicat a affirmé refuser de cautionner "un syndicalisme de spectacle qui instrumentalise les attentes légitimes des gradés, gardiens de la paix et policiers adjoints à des fins purement électorales".
Dans ce courrier, Thierry Clair a détaillé plusieurs reproches à l'encontre d'Alliance Police Nationale et d'Un1té. Il a d'abord pointé "une guerre d'ego plutôt qu'une union sacrée", les deux syndicats communiquant séparément et "se disputant stérilement la paternité de ce rassemblement". Il a également dénoncé "un opportunisme électoraliste", à six mois du scrutin, et "de fausses promesses sans lendemain". Le responsable a aussi rappelé que les deux organisations avaient validé le protocole de 2022 actant l'évolution des grilles indiciaires du corps de conception et de direction, y voyant "une contradiction flagrante".
Un «double jeu» reproché lors du CSA Ministériel
Le secrétaire général d'UNSA Police a par ailleurs mis en cause un "double jeu lors du CSA Ministériel". Selon lui, lors de cette réunion tenue le 16 juin, Alliance Police Nationale et Un1té "ont choisi de siéger, offrant ainsi sur un plateau le quorum nécessaire à la tenue de la réunion", alors que "la seule stratégie" pour bloquer le processus aurait été le boycott. UNSA Police a indiqué pour sa part avoir voté contre le texte. "Alliance et Unité préfèrent valider les textes en coulisses pour ensuite appeler à la rue devant les caméras", a affirmé Thierry Clair.
Rassemblement syndical du #30Juin2026
Lettre ouverte de Thierry CLAIR, secrétaire général #UNSAPolice pic.twitter.com/GHeSjkRJV3
— UNSA POLICE (@UNSAPOLICE) June 30, 2026
Le syndicat a conclu en appelant l'ensemble des organisations à se réunir "autour d'une table de travail commune", afin de construire "une plateforme revendicative unie, solide, cohérente" et de porter "d'une seule et même voix au ministre de l'Intérieur" les revendications des personnels. UNSA Police a réaffirmé qu'il se mobiliserait "dès lors que les actions menées serviront l'intérêt collectif".
Cette passe d'armes intervient à moins de six mois des élections professionnelles dans la police nationale, qui auront lieu le 10 décembre 2026. Ce scrutin déterminera la représentativité de chaque organisation syndicale au sein de l'institution.