Le mercredi 21 octobre 2026 à 13:16
Emmanuel Macron est revenu ce mercredi sur les violences qui ont touché de nombreuses villes de France samedi 17 octobre. Le président de la République s'est exprimé lors d'un point presse à la mi-journée à Doha, la capitale du Qatar, au terme d'une tournée de trois jours dans le Golfe. Il a annoncé une réunion jeudi matin avec les services de renseignement et prévenu que les fauteurs de troubles seraient empêchés d'agir samedi prochain.
"Il s'est passé samedi dernier des choses inacceptables dans plusieurs villes du pays, qui nous ont tous choqués et fait mal", a déclaré Emmanuel Macron devant les journalistes. "J'ai constaté ce qui s'était passé, j'ai demandé des clarifications et j'ai donné une feuille de route", a-t-il poursuivi.
Emmanuel Macron réunira jeudi matin les services de renseignement, le Premier ministre et les ministres concernés. Il en attend "un compte rendu détaillé de tout ce qui s'est passé exactement", a-t-il indiqué, jugeant nécessaire de faire "la transparence" sur ces événements.
«Seront empêchés de faire du désordre»
Pour le week-end à venir, le président a confirmé que les dispositions déjà appliquées seraient reconduites. "Des mesures de couvre-feu ont été prises, des interdictions de rassemblement et de regroupement, et pour ce qui est de samedi prochain, c'est ce qui sera fait", a-t-il assuré. Appelant à la "fermeté", il a lancé un avertissement : "Les gens qui veulent faire du désordre dans les centres-villes samedi prochain seront empêchés de faire du désordre."Il a ajouté : "En démocratie, il n'y a rien qui justifie la violence."
17 octobre :
️ "Il s'est passé samedi dernier des choses inacceptables dans plusieurs villes du pays, qui nous ont tous choqués et fait mal. (...) Nous utilisons ce qui est dans notre droit pour éviter qu'il y ait de nouveaux événements de ce type" @EmmanuelMacron https://t.co/PSCLIlZLec
— LCI (@LCI) October 21, 2026
L'état d'urgence n'a pas été décrété après les violences du week-end, et le chef de l'État ne le juge pas nécessaire à ce stade. Selon lui, les couvre-feux et les interdictions de rassemblement prises par les préfets, ainsi que les enquêtes ouvertes contre les auteurs présumés, permettent un retour au calme depuis lundi. Ce régime d'exception n'est toutefois pas exclu. "Donc, tout ça ne requiert pas l'état d'urgence. Évidemment, si la situation le justifiait, il pourrait être pris. Mais l'objectif que nous poursuivons, c'est un retour au calme par la fermeté, par les mesures d'ordre et, pour les demandes légitimes, par le dialogue", a-t-il expliqué.
«La main ne doit pas trembler au sommet de l'État»
Plusieurs responsables politiques ont reproché au président d'avoir maintenu son déplacement au Moyen-Orient malgré la situation, parmi lesquels l'ancien président de la République François Hollande et l'ancien Premier ministre Édouard Philippe. "J'assume totalement d'avoir maintenu ce qui était prévu", leur a répondu Emmanuel Macron. Il a récusé toute absence et assuré avoir exprimé sa "forte réprobation". "J'ai eu des comptes rendus qui m'ont été faits. J'ai réuni un Premier ministre et les ministres compétents. J'ai pris des décisions, donné des instructions, je me suis exprimé dimanche soir directement aux Français", a-t-il détaillé.
Le président a défendu l'intérêt de cette tournée, consacrée notamment à la sécurisation des approvisionnements de la France en carburant. "Il ne doit pas y avoir de fébrilité. La main ne doit pas trembler au sommet de l'État", a-t-il insisté, avant d'ajouter : "Je suis dans mon rôle, je suis à ma tâche."
17 octobre :
️ "On a eu trop de gens ambigus, trop de gens pour expliquer qu'il y avait des violences légitimes. Non, il n'y a aucune violence légitime. Aucune. Ni verbale, ni physique, ni contre les biens, ni contre les personnes." @EmmanuelMacron https://t.co/TM13Q5DeKJ
— LCI (@LCI) October 21, 2026
«On voit qui aime la France et qui ne l'aime pas»
Emmanuel Macron a aussi été interrogé sur une éventuelle ingérence étrangère dans les violences du week-end. Il l'a écartée, mais a dénoncé une manipulation de l'information survenue ensuite : "Pour moi, il n'y a pas d'ingérence étrangère visible dans les événements qui se sont passés. Par contre, il y a une manipulation étrangère de l'information à la suite, qui a donné lieu à des commentaires inacceptables autant que stupides de la part de beaucoup, y compris de dirigeants étrangers."Il a notamment mis en cause la circulation d'images générées par intelligence artificielle. Il a également visé les discours affirmant que la France avait été envahie par des "hordes de migrants et d'islamistes", ce qui est, selon lui, "totalement faux".
Un journaliste lui a demandé si Donald Trump faisait partie des dirigeants visés. "Entre autres. Dans ces moments-là, on voit qui aime la France et qui ne l'aime pas", a répondu le président. Un autre lui a demandé si le président américain n'aimait pas la France, et il a répliqué : "Force est de le constater."Il a ensuite développé sa critique : "Quand je vois des dirigeants qui sont dans des situations de campagne, dans la région ou de l'autre côté de l'Atlantique, qui, parfois avec crédulité, reprennent ce qu'il y a dans l'intelligence artificielle ou qui relaient ce qu'évidemment des sphères veulent faire croire de ce qui s'est passé en France, ils font campagne sur notre dos, donc on n'a pas besoin de ça."
Interrogé sur la jeunesse, Emmanuel Macron a plaidé pour davantage de transparence de Parcoursup, la plateforme d'orientation au cœur des revendications des lycéens. Il a estimé qu'il fallait entendre l'angoisse d'une génération marquée par les attentats, le Covid, la guerre en Ukraine, la crise climatique et les bouleversements de l'emploi liés à l'intelligence artificielle. "Il faut l'entendre, il faut l'accompagner, il faut essayer de faire de notre mieux. J'ai essayé de faire de mon mieux ces dernières années et peut-être que j'ai essayé de faire des choses bien, peut-être qu'il y en a que je n'ai pas assez bien faites", a-t-il conclu.