Strasbourg : Un homme aux assises pour avoir poignardé à mort sa compagne sous les yeux de sa fille

Marche blancjhe en mémoire de Sylvia à Oberhoffen-sur-Moder, dans le Bas-Rhin, le 17 novembre 2019. (AFP/Archives)

Un homme âgé de 61 ans est jugé depuis ce jeudi à Strasbourg (Bas-Rhin) pour le meurtre de sa compagne à coups de couteau, à Oberhoffen-sur-Moder, en 2019, sous les yeux de sa fille. L’affaire avait provoqué une vague d’indignation dans le pays.

« Je reconnais les faits » : le procès aux assises d’un homme de 61 ans qui avait tué sa femme à coups de couteau sous les yeux de sa fille en 2019, provoquant une vive émotion jusqu’au plus haut sommet de l’État, a débuté jeudi à Strasbourg. « Personne ne peut accepter un féminicide. Nous devons toute la transparence » à la fille de la victime, avait déclaré le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner.

Jacqui W., 61 ans, vêtu d’un pull gris clair, a d’emblée reconnu devant la cour avoir tué Sylvia Auchter dans la nuit du 10 au 11 novembre 2019 à Oberhoffen-sur-Moder (Bas-Rhin). Il avait porté plusieurs coups de couteau au niveau du cou et du thorax de son épouse de 40 ans, selon les déclarations de plusieurs témoins. Le sexagénaire, qui comparait détenu, est poursuivi pour « meurtre sur conjoint ».

L’accusé avait lui-même appelé les gendarmes le soir des faits, leur répétant : « j’ai buté ma femme ». Par la suite, il avait reconnu, en garde à vue puis devant la juge d’instruction, avoir voulu donner la mort à sa femme. Ce meurtre avait suscité une vive émotion en Alsace, où plusieurs centaines de personnes avaient participé à une marche blanche en mémoire de la victime.

Une plainte un mois avant le drame

Le couple était en instance de divorce, un an après leur mariage. Un mois avant les faits, le parquet de Strasbourg avait été saisi d’une plainte de la victime évoquant « des disputes et des violences légères, ainsi que des menaces de dégradations » sur un véhicule. L’homme avait été condamné en décembre 2019 pour les menaces de dégradations, mais les investigations n’avaient « pas permis de caractériser d’autres infractions », avait alors affirmé le parquet.

L’expertise psychologique menée sur l’accusé, ancien conducteur de tramway, a fait état d’une personnalité « violente et ego-centrée ». Il avait été renvoyé de son travail en raison de sa consommation d’alcool.

Le verdict est attendu vendredi dans la soirée. La fille de la victime « attend une peine à la hauteur de la mémoire de sa mère, et souhaite que ce procès serve aussi la lutte contre les violences faites aux femmes et contre les féminicides », a déclaré à l’AFP Me Maxime Bordron, avocat des parties civiles.

Selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, 102 hommes ont tué leur conjointe ou ex-conjointe en 2020. Ils étaient 146 en 2019.