Thaïlande : Arrêtée avec une cigarette électronique, la Française termine en prison.


Cécilia Cornu a passé plusieurs jours en prison en Thaïlande après avoir été arrêtée avec une cigarette électronique. (DR)

Cécilia Cornu, une Française de 31 ans, a « vécu l’enfer » en Thaïlande à cause de la cigarette électronique qu’elle détenait.


Ses vacances ont viré au cauchemar. Tout a commencé le 28 janvier dernier dans la cité balnéaire de Karon, sur la côte ouest de l’île de Phuket. « J’étais sur un scooter avec mon fiancé, mes parents et mon frère nous suivaient » raconte Cécilia à Nice-Matin.

« J’avais à la main ma cigarette électronique. Quatre policiers nous ont arrêtés. Ils m’ont arraché des mains la vapoteuse en nous réclamant 40.000 bahts [soit environ 1132 euros, ndlr] de la main à la main, le tout dans un anglais baragouiné. J’ai refusé de payer » raconte la jeune femme originaire du Var, qui travaille dans la boulangerie familiale à La Farlède.

Menottée, Cécilia a alors été conduite au commissariat. Ce n’était que le début d’un long calvaire. Sur place, elle a appris que la cigarette électronique était interdite depuis 2014 en Thaïlande. Une loi souvent ignorée par les touristes.

Près de 1270 euros pour obtenir un traducteur

La jeune Française a alors passé sept heures assise sur une chaise, sans bouger sans pouvoir boire quoi que ce soit. « Mon père a pu, par le biais de son avocat, joindre l’ambassade de France qui a envoyé un traducteur » raconte-t-elle, ajoutant que ses parents « ont dû payer 43.000 baths [environ 1270 euros, ndlr] pour avoir droit à ce service ».

Après la confiscation de son passeport, Cécilia a appris que son procès se tiendrait le 7 février, alors qu’elle devait rentrer en France le 12 février.

« Je suis poursuivie pour la détention d’une vapoteuse, pointe-t-elle. Ironie du sort! Dans un pays où cocaïne, héroïne et autres drogues dures coulent à flot à tous les coins de rue… » s’exclame Cécilia.

Condamnée à une amende de 23 euros

Le procès a donc bien eu lieu le 7 février. « Les débats ont eu lieu en vidéosurveillance avec un juge qui siégeait à l’étage. J’ai été condamnée à 857 bahts (23 euros). Je suis sortie libre. » explique la Française. Elle n’était pas au bout de ses surprises, son « enfer » ne s’est pas arrêté là.

Cécilia s’est rendu avec sa famille vers le service de l’immigration pour récupérer son passeport. C’est là qu’on lui a annoncé qu’elle allait être transférée à Bangkok, pour être expulsée. « Nous avons dû prendre l’avion le lendemain. Nous n’avions pas le choix (…) Imaginez ce que j’ai pu ressentir de laisser ma fille seule. C’était terrible. » raconte la mère de Cécilia.

Conduite en prison durant quatre jours

Arrivée à Bangkok, elle a immédiatement été conduite en prison. « J’ai été écrouée dans une pièce de soixante-dix mètres carrés encerclée de barreaux, où nous étions soixante femmes à cohabiter avec douze ventilateurs dans une température assommante de quarante degrés ». Cécilia va ensuite passer quatre jours et trois nuits dans des conditions très précaires.

« La nourriture était jetée par des fentes à travers le grillage comme dans les cachots du Moyen-Age. Pour boire, c’était dans de vieux pots de peinture. J’ai vécu l’enfer ! » décrit la Française.

Cécilia a enfin pu rentrer en France à la mi-février. Nul doute que sa prochaine destination de vacances sera loin de la Thaïlande.