Toulouse : 5 ans de prison ferme pour un Gilet jaune qui avait lancé un cocktail Molotov sur des gendarmes


Illustration. (Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock)

Le suspect avait été interpellé sur une manifestation des Gilets jaunes en avril 2019, alors qu’il était en possession de plusieurs cocktails Molotov. Quelques mois auparavant, il avait lancé un engin incendiaire sur deux gendarmes mobiles qui avaient pris feu.

Alors qu’une nouvelle manifestation des Gilets jaunes est annoncée ce samedi, un homme ayant pris part à plusieurs d’entre elles en 2019 comparaissait devant le tribunal correctionnel de Toulouse (Haute-Garonne), ce jeudi, rapporte La Dépêche. Après un an de détention provisoire, ce jeune homme de 29 ans, sans véritable passé judiciaire et exerçant en tant que chef d’équipe dans le nettoyage, devait s’expliquer devant les juges.

Mis en examen pour « tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique », il a finalement été jugé pour « violences volontaires » aggravées par plusieurs circonstances. Notamment le fait qu’il avait utilisé une arme, en l’espèce un cocktail Molotov, qu’il avait visé des gendarmes mobiles, et qu’il leur avait causé une Incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours.

« Même pas dans un moment d’affrontement »

Durant l’acte XI des Gilets jaunes, le 26 janvier 2019, le jeune homme avait lancé un cocktail Molotov sur des gendarmes mobiles positionnés dans la rue de Metz, au cœur de Toulouse. « Même pas dans un moment d’affrontement », a précisé le procureur de la République Francis Boyer, à l’audience. L’engin incendiaire avait éclaté sur les militaires et deux d’entre eux avaient pris feu. Ils s’étaient vu délivrer 10 jours d’ITT chacun.

L’avocate des gendarmes, Me Joëlle Glock, a brandi la photographie de cette scène insoutenable devant le prévenu : « Vous dites que vous n’avez pas regardé le résultat. Le voilà ! », a-t-elle asséné, montrant les flammes qui atteignaient deux mètres de haut et deux gendarmes en feu. « Derrière le casque, il n’y a pas une cible comme vous l’avez dit en garde à vue », a lancé l’avocate, poursuivant : « Non il y a des hommes comme vous, de votre âge, à un mois près ! ».


Identifié puis interpellé sur une autre manifestation

Le jeune homme avait été interpellé par des motards de la police quelques mois plus tard, le 13 avril 2019 vers 18h30, durant une autre manifestation des Gilets jaunes. Il était en train d’incendier une barricade et un véhicule en stationnement au bas des allées Jean-Jaurès. Il avait été identifié grâce à la minutieuse enquête menée par la Sûreté départementale.

Sur lui, les policiers avaient trouvé quatre engins incendiaires, une cagoule et du matériel de protection, relate actuToulouse. La perquisition effectuée à son domicile de Brax avait permis aux policiers de saisir les produits nécessaires à leur fabrication. Interrogé par les enquêteurs, il avait très rapidement reconnu avoir lancé ces cocktails Molotov et les avoir confectionnés, a souligné son avocate Me Lucie Paupard.

Aucune explication

Durant l’audience, le prévenu n’a pas donné d’explication sur les motivations qui l’ont conduit à agir de la sorte. Malgré les questions du président Didier Suc, les deux gendarmes présents sur les bancs des parties civiles n’ont pas obtenu de réponse. Toutefois, le jeune homme a présenté des excuses à plusieurs reprises, disant comprendre « aujourd’hui » la gravité de son geste, qui aurait pu être dramatique.

Le ministère public a requis 6 ans de prison ferme à son encontre, mais il n’a pas été suivi par le tribunal. Le prévenu a écopé de 5 ans de prison ferme avec maintien en détention. Il devra en outre verser une indemnité de 1 500 euros aux deux gendarmes, dans l’attente d’une expertise.