Val-de-Marne : 15 mygales saisies dans un appartement de Champigny-sur-Marne, un suspect en garde à vue


Grammostola rosea est une mygale endémique du Chili. (Flickr / Cliff)

Peu appréciées par le grand public en général, les mygales, qui se revendent aisément et à prix considérable, font les beaux jours des trafiquants.

Le trafic de mygales est dans le collimateur de l’Office français de la biodiversité (OFB). Cet établissement public regroupe, depuis le 1er janvier dernier, l’Agence française pour la biodiversité et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Il compte dans ses rangs plus de 2 800 agents, dont des inspecteurs de l’environnement, des ingénieurs, des vétérinaires et des techniciens.

Avec le concours des policiers, l’OFB est intervenu ce mardi matin chez un habitant de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) soupçonné de se livrer à un trafic, rapporte Le Parisien. L’homme a été interpellé et placé en garde à vue. Dans son appartement, les fonctionnaires ont saisi quinze mygales, apparemment élevées en captivité.

L’élevage et la détention de mygales très encadrés

Le suspect est poursuivi pour « détention sans autorisation d’animaux dont l’espèce n’est pas domestiquée ». Il ne s’agirait toutefois pas d’un trafiquant mais plutôt un passionné. « Il s’est sans doute laissé dépasser par la reproduction et s’est mis à en vendre quelques-unes », a confié une source proche du dossier au quotidien francilien.

Toutes les espèces de mygales sont considérées comme dangereuses. Pour en détenir, il faut être titulaire d’un certificat de capacité. La personne doit passer devant une commission spécialisée et apporter la preuve de sa capacité à s’occuper d’un tel animal. La traçabilité est aussi un incontournable et les conditions de détention des mygales sont strictes.


Un lionceau se revend 15 000 €

D’après l’OFB, une mygale peut être revendue entre 50 et 100 euros. En matière de trafic d’animaux de la faune sauvage, à titre comparatif, un lionceau se revend 15 000 euros. « Mais dans un appartement, avec des tubes à essai, on peut se retrouver avec 200 mygales », précise au journal Le Parisien, Yannick Jaouen, le chef du service interdépartemental Paris petite couronne.

De son propre aveu, les saisies de mygales sont exceptionnelles mais ce type de trafic est de plus en plus surveillé. Même constat pour le Chardonneret, une espèce de passereaux, dont le prix sur le marché noir peut atteindre 350 euros.

Le trafic d’animaux de la faune sauvage n’est pas très médiatisé mais il peut rapidement devenir très lucratif. Les mis en cause peuvent également parfois allier à cette activité d’autres trafics illégaux. Ainsi, le trafic d’animaux peut être utilisé comme un levier pour les enquêteurs pour basculer sur des procédures incidentes plus ordinaires par la suite.