Val-de-Marne : Un gardien d’immeuble jugé pour des viols et des agressions sexuelles sur des enfants


Illustration. (Unsplash / David Clarke)

Le procès de cet homme âgé de 44 ans s’est ouvert ce mardi, à la Cour d’assises du Val-de-Marne.

Un gardien d’immeuble, qui exerçait dans la cité Oradour de Bonneuil-sur-Marne, est poursuivi pour avoir violé trois enfants et agressé sexuellement trois autres. Face aux enquêteurs, il a reconnu en partie les faits qui lui sont reprochés tout en évoquant sa propre enfance chaotique, avant de se murer dans le silence.

Un enfant se libère de son emprise et se réfugie dans son école

L’affaire a éclaté au grand jour en octobre 2016. Un père de famille, qui habitait dans la cité Oradour et devait se rendre à une formation professionnelle, avait confié son fils de 8 ans au gardien de son immeuble. Il n’avait aucun doute sur cet homme qui était devenu un copain depuis que sa femme l’avait quitté, relate Le Parisien.

L’enfant s’était finalement échappé du domicile du gardien pour se réfugier à son école. Là, il avait raconté les sévices qu’il venait de subir. C’était la première fois qu’une victime de cet homme osait parler.

Interpellé immédiatement

Alertés, les policiers avaient interpellé le gardien d’immeuble dans son hall, le soir-même. Il était alors complètement ivre. Face aux enquêteurs, il affirmera : « Au moment de mon arrestation, ma cuite durait depuis un an« , selon le quotidien francilien.


De son côté, le jeune garçon a livré aux policiers les noms d’autres victimes du prédateur : ses deux frères âgés de 5 et 9 ans, et trois autres enfants de la cité.

« L’élu de son cœur » avait 12 ans

Parmi ces trois autres enfants d’une famille voisine, se trouvait « l’amoureux » du gardien d’immeuble et ses deux frères âgés de 8 et 7 ans. Le pédophile considérait l’enfant de 12 ans comme l’« élu de son cœur », avait-il déclaré aux enquêteurs. Il lui avait offert de nombreux cadeaux et notamment un téléphone qu’il utilisait pour l’inonder de SMS.

Sur les six victimes recensées, c’était le seul enfant pour lequel il avait confié avoir ressenti de « l’amour ». Aujourd’hui, l’adolescent est complètement brisé. Les enquêteurs ont tenté de retrouver d’autres victimes potentielles sur ses lieux de travail précédents : au Pont de Créteil à Saint-Maur et à La Queue-en-Brie, en vain.

Des cadeaux ou des menaces, pour l’accusation

Pour les avocats de l’accusation, ces cadeaux offerts aux jeunes enfants étaient un moyen d’acheter leur silence. Pis, d’après eux, si cela ne suffisait pas, le prédateur passait aux menaces.

Les policiers ont pu établir que l’homme avait subi des traumatismes durant son enfance à Saint-Maur. L’alcoolisme de sa mère d’abord, mais surtout les viols qu’il subissait de la part de son grand frère, entre ses 8 ans et 15 ans.

L’homme, qui s’était inventé un fils tué dans un accident, avait finalement sombré lorsque sa femme l’avait quitté, ne supportant plus son alcoolisme. Aux enquêteurs, il s’était d’abord livré, avant de se murer définitivement dans le silence.