Val-d’Oise : Un policier en civil reconnu et roué de coups par quatre hommes dans un train

Illustration. (photo Guillaume Bonnefont/Ip3 Press/Maxppp)

Un policier de 26 ans en civil qui rentrait chez lui a été reconnu par quatre individus puis a été victime d’un déchaînement de violences, dans un train à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d’Oise), vers 23 heures ce mardi soir. La victime, qui a été reconnue par ses agresseurs, est sérieusement blessée. Quatre suspects ont été interpellés peu après et ont été placés en garde à vue.

C’est une agression particulièrement violente qui s’est déroulée ce mardi soir sur la Ligne H du Transilien. Deux policiers parisiens de la brigade des réseaux franciliens (BRF) ont pris un train pour regagner leur domicile à la fin de leur service, vers 22h30. Au cours du trajet, quatre individus qui étaient déjà dans le train se sont fait remarquer par leurs hurlements. L’un des deux fonctionnaires est descendu en gare d’Ermont. Son collègue resté dans le train s’est retrouvé juste après encerclé par les quatre hommes. « Ils lui ont dit qu’ils savaient où il habitait et qu’il était policier à Paris. La situation a ensuite rapidement viré à l’agression », détaille une source proche de l’enquête. « On sait très bien où tu travailles, t’es un sale flic de merde, une salope de condé », aurait notamment lâché l’un des agresseurs.

La tension est montée. Les quatre individus ont tenté de dérober le téléphone et le portefeuille du fonctionnaire, en vain. Ce dernier ne s’est pas laissé faire. « Il a été roué de coups, notamment au visage, alors qu’il était tombé au sol, tout en étant menacé de mort », précise cette source. La victime affirme que ses agresseurs ont aussi répété « sale flic de merde » en le frappant. Deux passagers sont alors intervenus et se sont interposés. Une intervention qui a été déterminante selon le récit du policier qui était assailli. « Ils voulaient me tuer », a-t-il assuré lors de son dépôt de plainte selon nos informations. Le train est alors arrivé en gare de Saint-Leu-la-Forêt et les auteurs ont finalement décidé de prendre la fuite.

Fracture du nez et douleurs à une épaule

Le policier a été pris en charge par les secours. Il a reçu de très nombreux coups. « Il souffre d’une fracture du nez, de douleurs à une épaule et à une main, et présente des hématomes au visage », expose cette même source. « Le gardien de la paix était muni de son arme de service, comme le règlement le prévoit », précise-t-on. Une arme dont il a choisi de ne pas faire usage. « S’il avait estimé que sa vie était en danger sous les violents coups des quatre individus, la légitime défense aurait pu s’appliquer », rappelle un officier de police.

L’incapacité totale de travail (ITT) de la victime n’est pas encore connue. Cette dernière est sous le choc. Un arrêt de travail d’une semaine lui a été prescrit en l’attente de la suite des examens médicaux ce mercredi.

Interpellés après une autre agression

Une enquête a été ouverte et confiée à la sûreté départementale. Les quatre auteurs présumés ont été interpellés par les agents de la police de l’agglomération de Val Parisis un peu plus tard dans la nuit, suite à une autre agression et « une intrusion dans une maison sur la commune de Frépillon, où un vélo a été dérobé », selon une deuxième source proche du dossier. Ils ont ensuite été remis aux gendarmes d’Auvers-sur-Oise. Les quatre suspects ont placés en garde à vue. Le policier de la BRF les aurait formellement reconnus, comme étant ses agresseurs.

« Ce n’est pas une agression gratuite, notre collègue a été roué de coups car il est policier », affirme Yoann Maras, secrétaire régional du syndicat Alliance Police Nationale Paris. « C’est une agression lâche et scandaleuse. Nous attendons une fois de plus une réponse pénale à la hauteur de cet acte ». La préfecture de police a réagi à cette agression sur Twitter ce mercredi après-midi et « adresse son soutien au policier de la DSPAP agressé et blessé par plusieurs individus alors qu’il rejoignait son domicile hier soir. Une enquête est actuellement en cours pour confondre les auteurs de ces violences. »