Viol et meurtre d’Élodie Kulik : Willy Bardon condamné à 30 ans de réclusion criminelle


Élodie Kulik a été tuée dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002. (DR)

Willy Bardon a été condamné ce vendredi soir à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de la Somme.

L’accusé, Willy Bardon, a été reconnu coupable par les jurés de l’enlèvement, de la séquestration et du viol d’Elodie Kulik en janvier 2002. Ces derniers l’ont toutefois acquitté au bénéfice du doute, pour le meurtre de la jeune femme de 24 ans. La condamnation n’est pas assortie d’une peine de sûreté.

Elodie Kulik avait été retrouvée violée, étranglée, le corps en partie calciné au bord d’une route départementale à Tertry dans la Somme. Après une enquête qui aura duré 17 ans, Willy Bardon a été renvoyé devant les assises pour enlèvement et séquestration, viol en réunion et meurtre.

Le second suspect décédé en 2003

L’ADN d’un autre suspect, Grégory Wiart, avait été retrouvé plus tard par les enquêteurs mais ce dernier est décédé dans un accident de voiture en 2003 et n’a donc pas pu être jugé. Sa participation au crime a été estimée « indéniable ».

L’enregistrement de l’appel au secours diffusé lors du procès

Au moment du crime, Élodie Kulik avait appelé les pompiers. L’enregistrement de cet appel qui a duré 26 secondes, a été diffusé lors du procès qui a débuté le 21 novembre. Des cris et des gémissements de la jeune femme sont audibles, tout comme les voix d’au moins deux hommes. Leurs propos sont inaudibles mais ces derniers sont calmes, à l’inverse de la jeune femme qui semble avoir compris qu’elle vit ces derniers instants.


14 expertises de cette bande son ont été réalisées. L’un des experts de la gendarmerie est parvenu à identifier les termes suivants relate France Bleu : « au secours », « oui », « ils vont me tuer », quand les deux hommes disaient « je commence à kiffer », « hein », « dis-moi ce que je fais ».

Au cours du procès, ce ne sont pas moins de 47 témoins et experts qui sont intervenus à la barre.

L’avocate générale Anne Laure Sandretto, avait réclamé 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté des deux tiers, à l’encontre de Willy Bardon. Les jurés ont donc partiellement suivi la réquisition.

« Je n’y étais pas, je suis innocent »

Quant à Willy Bardon, il s’est déclaré innocent lors de ces derniers mots à la fin du procès : « Je n’y étais pas, je suis innocent, je vous jure ». « Il a fallu trouver un coupable, un coupable vivant. Quitte à en fabriquer un parce que c’est trop dur de dire à M. Kulik qu’on n’a plus rien », avait déclaré l’un de ses avocats, Me Gabriel Duménil, peu avant.

Lors du verdict, Willy Bardon aurait avalé quelque chose. Il a été évacué d’urgence par les policiers.