228 personnes arrêtées pour blanchiment d’argent, plus de 3800 «mules financières» identifiées annonce Europol


Le siège d’Europol à La Hague aux Pays-Bas. (Wikimedia)

Une vaste opération contre la grande délinquance financière a été menée par les polices de 31 pays a annoncé Europol, ce mercredi.

228 personnes ont été arrêtées et plus de 3 800 « mules financières » ont été identifiées dans le cadre de cette opération de lutte contre le blanchiment d’argent au nom de code « EMMA 5 » (European money mule action, ndlr). Menée du mois de septembre jusqu’au mois de novembre, l’opération a conduit à l’ouverture de 1 025 enquêtes criminelles.

12,9 millions d’euros préservés

Dans un communiqué, Europol précise que « plus de 650 banques, 17 associations de banques et autres institutions financières ont contribué à la déclaration de 7 520 transactions frauduleuses de ‘mules financières’, évitant ainsi une perte totale de 12,9 millions d’euros ».

Avec le concours d’Europol, l’agence européenne de coopération judiciaire Eurojust et la Fédération bancaire européenne (FBE), ont identifié 3 833 « mules financières ». Ces personnes sont souvent impliquées dans des activités de blanchiment d’argent à leur insu. Elles perçoivent puis transfèrent de l’argent obtenu de manière illégale via des comptes bancaires de différents pays.


Les 31 pays qui ont pris part à l’opération internationale sont les suivants : Allemagne, Autriche, Australie, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldavie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, République Tchèque, Slovénie, Slovaquie, Suède, Suisse et l’Ukraine, ainsi que les États-Unis.

Des recruteurs ingénieux

Les recruteurs de « mules », quant à eux, font preuve d’ingéniosité pour convaincre des personnes, la plupart des étudiants ou des jeunes gens, de prendre part à leurs activités. Ils leur font miroiter la possibilité de « devenir riche rapidement ». Ils sont hameçonnés par des publicités qui ne font pas état de l’illégalité de la technique.

D’autres encore utilisent la méthode de l’ « escroquerie romantique » en recrutant des « mules financières » sur des sites de rencontres, indique Europol.

Les « mules » risquent gros

Les personnes ainsi recrutées s’exposent tout de même à des sanctions pénales. « Les forces de l’ordre se tourneront d’abord vers la personne dont le nom figure sur le compte bancaire et les conséquences judiciaires peuvent être graves » en fonction des lois en vigueur dans chaque pays concerné, annonce l’agence européenne dans son communiqué.

C’est dans ce cadre qu’Europol a lancé ce mercredi une opération de communication intitulée « Ne sois pas une mule » et le mot-clé « #dontbeamule ». Elle vise à faire de la prévention à destination des internautes susceptibles de se faire avoir par des recruteurs.