Accusé du meurtre de Mohamed Abdelhadi, il ne sera pas jugé car la justice a égaré une plainte


Mohamed Abdelhadi a disparu en 2001. (DR)

Mohamed Abdelhadi a été tué en 2001 à l’âge de 27 ans. La Cour de cassation a confirmé ce mercredi la prescription du crime, notamment suite à la perte d’une plainte par la justice.


Il n’y aura pas de procès. Mohamed Abdelhadi avait disparu le 9 décembre 2001 à Villefranche-sur-Saône (Rhône). Sans nouvelles et craignant le pire, la famille du défunt avait déposé une plainte en 2008. Quatorze ans après le meurtre de ce jeune homme qui était âgé de 27 ans, plusieurs suspects ont été mis en examen.

En mars 2015, un homme a avoué à sa conjointe qu’il avait poignardé à mort un homme, avec son père et son frère, avant de dissimuler le corps dans une cave, puis de l’enterrer dans un bois. Un meurtre sur fond d’affaire de vol et de trafic de drogue. Cette dernière a alors décidé de dénoncer ces faits aux forces de l’ordre.

Le corps de la victime découvert en 2016

Plus tard, en septembre 2016, les restes du corps de Mohamed Abdelhadi ont été découvert dans un bois du Beaujolais, près de Jassans-Rottier. Le père de 61 ans et ses deux fils de 31 et 36 ans ont alors été mis en examen. Seul le premier a été placé en détention provisoire.

L’avocat du père de famille a ensuite décidé de saisir la justice, considérant que le délai de prescription qui était à ce moment là de 10 ans à compter du crime, était dépassé en l’absence « d’acte interruptif » dans la procédure.


De plus, la plainte de la famille datée de 2008 a été perdue par la justice a rappelé la Cour de cassation dans son arrêt rendu ce mercredi, qui mentionne la prescription du meurtre.

Le suspect principal remis en liberté l’an passé

Déjà en 2018, la chambre de l’instruction de Lyon avait estimé qu’« il ne résulte pas la preuve ni un commencement de preuve d’un acte d’enquête ou de poursuite ayant pu interrompre la prescription de l’action publique ». Le suspect avait alors été remis en liberté.

« Une action en responsabilité contre l’État sera très certainement engagée du fait de la perte de la plainte », a expliqué l’avocat de la famille Patrice Spinosi cité par Le Parisien.

Naouel et Rachida Abdelhadi, les sœurs de Mohamed, ont annoncé ce mercredi qu’elles avaient décidé d’attaquer l’État et de saisir la Cour européenne des droits de l’homme dans cette affaire.