Accusés de harcèlement moral après le suicide de leur collègue, 2 policiers relaxés


Illustration. (LongJon / Shutterstock)

Deux policiers ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Sarreguemines (Moselle). Ils étaient accusés de harcèlement moral après le suicide de leur collègue en janvier 2018, à Puttelange-aux-Lacs.

Le parquet avait requis une peine d’un an de prison avec sursis à l’encontre des deux prévenus lors de l’audience, le 30 août dernier. Ils ont été « intégralement » relaxés des faits qui leur étaient reprochés a indiqué Me Dominique Rondu, l’avocat de la famille de Hervé Hinschberger.

Ce dernier qui était lui aussi policier et collègue des deux prévenus, s’était donné la mort le 21 janvier 2018 avec son arme de service près d’un étang, à Puttelange-aux-Lacs.

L’avocat a fait part de sa « déception » et espère que le parquet va faire appel de cette décision explique Ouest-France. Après le décès de leur fils de 46 ans, qui était en poste à la brigade de nuit du commissariat de Saint-Avold, les parents avaient déposé plainte pour « harcèlement moral au travail et atteinte à l’intimité de la vie privée par captation, enregistrement ou transmission des paroles ».

Un mouchard déposé dans la voiture du policier

Saisie par le parquet, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait alors ouvert une enquête préliminaire visant deux policiers.


Ces derniers « qui avaient pour habitude la nuit d’éteindre la géolocalisation de leur véhicule pour se ravitailler dans une boulangerie qui n’était pas dans leur secteur », selon Me Rondu, « soupçonnaient Hervé Hinschberger de les avoir balancés ».

L’un des prévenus avait demandé « à son subordonné de déposer un mouchard dans le véhicule de fonction d’Hervé Hinschberger », dans le but de découvrir des éléments pouvant lui porter préjudice, a détaillé l’avocat de la famille du défunt.

Le harcèlement moral écarté par l’enquête de l’IGPN

Selon le conseil, cet enregistrement réalisé à l’insu de M. Hinschberger, qui durait une quinzaine d’heures, « a été un tel traumatisme qu’il a contribué » au suicide de ce dernier.

« Il s’est senti trahi, suspecté », a ajouté Me Rondu qui a aussi déploré « l’absence de réactivité » de la hiérarchie dans la gestion de ce conflit. L’IGPN n’avait retenu aucun fait de harcèlement moral au cours de son enquête.