Affaire Michel Zecler : les juges ordonnent la remise en liberté des deux policiers écroués


La vidéo de l'interpellation a été diffusée par Loopsider. (capture écran/DR)

Deux des quatre policiers mis en examen suite à l’interpellation violente de Michel Zecler, qui avaient été placés en détention provisoire, sont sortis de prison ce mardi.

Les juges d’instruction en charge du dossier Michel Zecler ont accepté la demande de remise en liberté des deux policiers qui avaient été écroués le 30 novembre dernier. Ils ont été libérés cet après-midi après avoir été placés sous contrôle judiciaire indique une source proche de l’enquête.

Dans le cadre de ce contrôle judiciaire, les deux hommes de 44 et 23 ans ont interdiction d’entrer en relation avec la victime et les autres mis en examen, de détenir une arme et d’exercer leur métier de fonctionnaire de police, mais également de paraître dans le XVIIe arrondissement de Paris. Par ailleurs, ils ont dû verser un cautionnement de 5000 euros.

Trois policiers du XVIIe arrondissement ont interpellé Michel Zecler, 41 ans, producteur, alors qu’il venait de s’engouffrer dans son studio. L’interpellation violente a été filmée par une caméra de surveillance et les images diffusées par Loopsider. Avant même cette diffusion, la version des faits donnée par les fonctionnaires a été remise en cause par le parquet qui a classé l’affaire sans suite. Une autre enquête a alors été ouverte à l’encontre des policiers qui ont été placés en garde à vue dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Quatre policiers sont mis en examen

Au total, quatre policiers ont été mis en examen dans ce dossier : trois pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » et « faux en écriture publique », et le quatrième pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », conformément aux réquisitions du parquet de Paris. « Il faut ici préciser que ces quatre policiers présentent de bons, voir de très bons états de service et qu’aucun incident particulier n’a à ce jour émaillé leur carrière respective », avait précisé le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, lors d’une conférence de presse.

Au cours de leurs auditions, les mis en cause ont expliqué les coups portés à M. Zecler « par la panique (…) dans ce local dont ils ne parvenaient pas à s’extraire, en raison, tant à la résistance de l’intéressé, tant à la configuration des lieux, très exigus et comprenant une autre porte derrière laquelle se trouvaient les jeunes présents ». Ils ont nié avoir tenu des insultes racistes à l’encontre du producteur, affirmant aussi ne pas avoir menti dans leur procès-verbal d’interpellation.

« On s’oriente vers plus de 180 jours d’ITT »

Quelques heures après l’intervention de police, Michel Zecler s’est vu attribuer 6 jours d’Incapacité totale de travail (ITT). Son avocate, Me Caroline Toby, a indiqué ce vendredi à la sortie d’une audition chez les juges chargés de l’enquête, que cette ITT allait être réévaluée. « On s’oriente vers plus de 180 jours d’ITT », a-t-elle annoncé, « compte tenu de ses séquelles physiques et du retentissement psychologique constatés par ses médecins ». « Son tendon » au biceps gauche « a été sectionné et a dû être refixé avec une broche en titane qu’il gardera à vie », a détaillé l’avocate. Les trois policiers à l’origine de cette intervention ont quant à eux reçu des certificats mentionnant, 5 jours, 3 jours et un jour d’ITT.

« Ce qui nous a fait honte à tous, c’est que les policiers ne soient pas exemplaires », avait déclaré le chef de l’État Emmanuel Macron lors de son interview à Brut le 4 décembre dernier. « Ce qu’il faut comprendre, c’est pourquoi ils en sont arrivés là, pourquoi ils se sont comportés de cette manière, il n’y a rien qui les excuse, rien qui ne les justifie ».