Alençon : Nuit de violences urbaines après l’interpellation d’un dealer, 13 véhicules brûlés

Illustration. (Adobe Stock)

Nuit de violences urbaines dans le quartier de Perseigne à Alençon (Orne). Une quinzaine de véhicules ont été incendiés. Les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers ont essuyé des tirs de mortiers d’artifice et des jets de projectiles.

Une double interpellation ce mardi matin dans le quartier de Perseigne d’Alençon est très vraisemblablement à l’origine des violences urbaines qui ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Un adolescent de 16 ans a été interpellé alors qu’il était en train de vendre du cannabis à une femme de 33 ans selon nos informations. Les forces de l’ordre ont fait une saisie de drogue et ont découvert une arme de poing.

Ces arrestations ont eu lieu vers 10h40 au cours d’une opération anti-stupéfiants. Les policiers ont pénétré dans les parties communes de la tour Pascal, et sont tombés sur deux personnes en pleine transaction de cannabis, à un étage. « Le dealer de 16 ans a été interpellé en flagrant délit et une bonne quantité de drogue a été découverte dans son sac », décrit une source proche de l’enquête. L’acheteuse de 33 ans a elle aussi été interpellée et les deux mis en cause ont été placés en garde à vue. Ces derniers sont déjà connus des services de police.

Dans le sac du jeune dealer, les enquêteurs ont trouvé environ 500 grammes de résine de cannabis, « conditionnés dans près de 150 sachets, prêts à la vente », une centaine de grammes d’herbe de cette même drogue, conditionnés de la même façon, mais également 165 grammes d’héroïne, une centaine de grammes de cocaïne et une vingtaine de grammes de crack. Un pistolet semi-automatique de calibre 9 mm qui n’était pas approvisionné, se trouvait aussi dans les affaires du mineur ainsi qu’un couteau. Le commissariat de la ville a été chargé des investigations.

Mortiers d’artifice et véhicules incendiés

La situation a dégénéré dans le quartier quelques heures plus tard, vers 23 heures. Plusieurs dizaines d’individus au visage dissimulé, munis de bâtons, ont incendié des voitures avec des cocktails Molotov. Le secteur a été plongé dans le noir et les forces de l’ordre, tout comme les sapeurs-pompiers, ont essuyé des tirs de mortiers d’artifice et des jets de projectiles.

« La quinzaine de policiers sur place a été renforcée par treize gendarmes du PSIG (peloton de surveillance et d’intervention) », précise une source policière. Durant les violences, l’un des auteurs présumés a lâché à nos confrères de Ouest France : « Si on fait ça, c’est pour notre pote qu’ils ont soulevé tout à l’heure ».

Au total, treize voitures ont été brûlées et un véhicule de sapeurs-pompiers a été dégradé par un projectile. Le calme est revenu peu avant 3 heures du matin. Les forces de l’ordre ont poursuivi tout le restant de la nuit leur opération de sécurisation.

Des renforts attendus dans la journée

« L’origine de ces faits c’est que des personnes ont été interpellées hier en flagrance pour des problèmes de trafic de stupéfiants (…) il y a une préparation de ces faits, cela n’a pas été spontané », a expliqué le maire PS d’Alençon, Joaquim Pueyo, à BFMTV. L’édile évoque des faits « extrêmement graves ». « J’ai mis en place de la vidéo surveillance il y a quelques années, nous avons 60 caméras, et on va encore la renforcer », a-t-il également assuré.

Lors d’une conférence en fin de matinée ce mercredi, la préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, a annoncé que des renforts de police « spécialisés (…) seront présents dans la journée ». « On peut supposer que ces violences sont liées aux interpellations en flagrance, de trafiquants de drogue, qui sont intervenues hier », a-t-elle souligné.