Alexandre Benalla a conservé son téléphone chiffré secret-défense après son licenciement.


(capture écran vidéo Clément Lanot)

Alexandre Benalla a conservé son téléphone Teorem ultra sécurisé jusqu’au 11 janvier dernier révèle Le Canard Enchaîné.

L’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron fait une fois de plus parler de lui. Alexandre Benalla avait conservé son téléphone chiffré « secret-défense » jusqu’au 11 janvier dernier, soit près de six mois après son licenciement de l’Élysée.

Le Teorem est un mobile à clapet, au design archaïque, mais ultra sécurisé. L’appareil a été développé par la Direction générale de l’armement (DGA) et l’entreprise Thalès.

Ce téléphone, d’une valeur d’environ 2500 euros, est notamment utilisé par le président de la République, son proche entourage ainsi que les militaires, pour passer des appels importants.

L’Élysée ne l’a pas réclamé

Alexandre Benalla aurait du restituer l’appareil à son départ de l’Élysée. Mais la Présidence ne lui a jamais réclamé le combiné selon Le Canard Enchaîné. C’est par le biais de son avocate, Jacqueline Laffont, que l’ex-chargé de mission a décidé de le restituer à l’Élysée, vendredi dernier.


Par ailleurs, l’hebdomadaire affirme qu’un collaborateur qui décide de garder cet équipement coûteux, s’expose à une peine allant jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

Une information révélée alors que débute ce mercredi, la deuxième salve d’auditions de la commission d’enquête du Sénat au sujet de l’affaire Benalla. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et le directeur de cabinet du président de la République Patrick Strzoda y seront entendus.

Quatre passeports… et non deux

Autre révélation du Canard Enchaîné : Alexandre Benalla ne disposait, non pas de deux, mais de quatre passeports. Les deux premiers, « diplomatiques » ont été rendus le 9 janvier dernier, après un scandale de plusieurs semaines. Les deux autres, dits de «service», n’ont en revanche pas été réclamés par la présidence explique l’hebdomadaire.

Le premier avait été établi lorsque l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron travaillait à la délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer.

Le second, délivré le 28 juin 2018, n’est pas aussi « important » qu’un passeport diplomatique, mais « facilite le passage des frontières et permet de voyager sans visa dans certains pays », rapporte l’hebdomadaire. Ils ont finalement été restitués le 11 janvier.