Allemagne : Une éducatrice de crèche soupçonnée d’avoir tué une fillette de 3 ans en l’étouffant


Illustration. (Shutterstock)

Une éducatrice de jeunes enfants est soupçonnée du meurtre d’une fillette dont elle avait la charge dans une crèche. Les enquêteurs pensent qu’elle a également commis des violences volontaires sur d’autres enfants par le passé.

Une enquête criminelle a débuté après l’hospitalisation d’une fillette de 3 ans, le 21 avril dernier, qui avait perdu connaissance dans sa crèche de Viersen en Allemagne. Elle n’avait pourtant jamais eu de problème de santé auparavant.

L’enfant est finalement décédée le 4 mai dernier, après plusieurs jours de soins intensifs à l’hôpital. Les examens ont déterminé que la mort était due à « des lésions cérébrales graves causées par un manque massif d’oxygène », a expliqué l’enquêteur principal, Guido Rosskamp, cité par le quotidien Bild.

Les enquêteurs ont rapidement orienté leurs soupçons vers une éducatrice de jeunes enfants, âgée de 25 ans. Elle exerçait dans la crèche de la fillette depuis janvier dernier et venait de démissionner de ses fonctions. Le jour du drame, elle avait couché l’enfant pour qu’elle fasse une sieste après son déjeuner.

Une carrière jalonnée de faits mystérieux

Dans une conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi, le ministère public a expliqué que l’employée avait alerté ses collègues en affirmant que la fillette avait fait un malaise, avant de débuter un massage cardiaque. La victime avait été prise en charge par les secours puis hospitalisée, jusqu’à cette issue dramatique.


Les investigations ont montré que la courte carrière de l’éducatrice avait été jalonnée de faits similaires, et de malaises d’enfants survenus dans des circonstances mystérieuses.

Des résultats professionnels médiocres

Dès la fin de son année en tant que stagiaire, effectuée dans une crèche de Krefeld en 2017, la jeune femme s’était vu attribuer des commentaires accablants par ses encadrants. Malgré ses médiocres résultats, elle avait obtenu la validation de son stage et son diplôme, rapporte le quotidien allemand Kölner Stadt-Anzeiger.

Les enquêteurs ont recueilli des témoignages la mettant en cause dans les quatre crèches dans lesquelles elle a été employée : celles de Krefeld, de Campine, de Tönisvorst et enfin de Viersen. Quatre enfants ont subi des arrêts respiratoires ou des convulsions inexpliqués.

L’enquête a finalement révélé qu’à chaque fois s’était jouée la même scène. Alors qu’elle se trouvait seule avec l’enfant, elle l’étouffait jusqu’à ce qu’il bleuisse, avant d’alerter ses collègues et les secours.

Un manque d’empathie

Si les encadrants de ces crèches n’avaient jamais soupçonné cette éducatrice d’avoir commis de tels faits, ils avaient tout de même souligné qu’elle n’était pas apte à occuper ce poste, principalement en raison d’un manque d’empathie : lorsque des enfants se bagarraient, elle n’intervenait jamais. Elle restait aussi en retrait de ses collègues.

Par ailleurs, les médecins qui ont pris en charge les enfants lors de leurs étouffements dans les autres crèches n’ont rien soupçonné, malgré l’absence de problèmes de santé antérieurs. Seuls les médecins de la fillette décédée ont alerté la police, et ce, huit jours après le début de son hospitalisation.

Déjà connue pour avoir dénoncé une agression imaginaire

La mise en cause était connue des services de police pour une fausse agression dont elle s’était dite victime, il y a quelques années. Elle s’était blessée au visage avec un couteau, avant de signaler une supposée agression en forêt. Des soins psychiatriques lui avaient alors été prescrits.

Cette fois, l’éducatrice a été interpellée et, depuis ce jour du 19 mai dernier, elle se mure dans le silence. De son côté, la municipalité de Viersen a justifié son embauche dans cette crèche par le fait qu’aucune plainte n’avait été déposée à ce moment-là contre l’éducatrice.