Alpes-Maritimes : Un ouvrier dérobe 700 000 € dans une bijouterie en passant par les conduits du faux plafond


Illustration. (Pixabay)

Un ouvrier a profité des failles de sécurité provoquées par un chantier de rénovation d’un centre commercial pour commettre un vol d’ampleur dans une bijouterie.

Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) et leurs collègues de la police judiciaire de Nice ont procédé à un coup de filet, au terme de plusieurs mois d’investigations. L’affaire porte sur le vol de plus de 700 000 euros de bijoux, commis en septembre 2019 dans un centre commercial des Alpes-Maritimes, rapporte Le Parisien.

À cette période, un ouvrier du bâtiment âgé d’une trentaine d’années, originaire de Stains (Seine-Saint-Denis), avait été envoyé dans le Sud de la France pour un chantier. Il s’agissait de participer à la rénovation d’un centre commercial de Saint-Laurent-du-Var.

Un complice le rejoint dans le Sud

Alors qu’il passait pas mal de temps à travailler dans les faux plafonds de la galerie commerciale qui surplombent notamment des boutiques de luxe, une idée a germé dans son esprit : s’introduire dans la bijouterie pour s’emparer de biens précieux et disparaître. C’est avec un ami venu passer le week-end dans le département qu’il a finalement décidé de passer à l’action.

En pleine nuit, le 9 septembre 2019, les deux hommes se sont introduits dans la boutique de luxe en passant par les conduits du faux plafond. L’alarme anti-intrusion s’est déclenchée, mais l’ouvrier avait pensé à tout et a bénéficié des failles de sécurité provoquées par le chantier pour mener à bien son opération.


Ils vident les vitrines

Les deux malfaiteurs ont ainsi pu, sans difficulté, s’emparer des biens précieux exposés dans la boutique de luxe. Le bijoutier n’a constaté le vol qu’au petit matin. Tous les bijoux présents les vitrines, dont la valeur totale dépasse les 700 000 euros, avaient disparu.

Le parquet a ouvert une enquête et saisi la police judiciaire de Nice pour retrouver les auteurs de ce cambriolage exceptionnel. Avec minutie et durant des mois, les policiers ont analysé les relevés et constatations effectués par leurs collègues de la police technique et scientifique (PTS). Ils ont aussi visionné avec beaucoup d’attention les centaines d’heures d’enregistrements de la vidéosurveillance du centre commercial.

Un ouvrier du chantier disparaît au lendemain du vol

Un véritable travail de fourmi, avec cette conviction qui s’est forgée au fil du temps : le ou les auteurs connaissaient parfaitement les lieux et les failles de sécurité. Peut-être même travaillaient-ils sur le chantier. C’est ainsi qu’ils ont pu déterminer que l’un des ouvriers embauché pour participer à la rénovation du centre avait disparu du jour au lendemain, juste après le cambriolage.

En visionnant de nouveau les enregistrements de la vidéosurveillance à la lumière de ces nouveaux éléments, ils ont vu que l’homme en question avait procédé à des repérages avec un complice. Son ADN a également été relevé sur les lieux du vol. C’est finalement en prison qu’il a été retrouvé. Son complice, lui, a été localisé à Stains.

Ils passent aux aveux en garde à vue

Le détenu a été extrait de prison et placé en garde à vue, tandis que son ami a été interpellé chez lui. Plusieurs de ses proches, soupçonnés d’avoir contribué au recel des bijoux volés, ont également été arrêtés et placés en garde à vue.

Lors des perquisitions, près d’un quart du butin a été retrouvé. Preuve pour les enquêteurs qu’ils ont eu du mal à écouler les bijoux et que les deux voleurs n’avaient pas forcément planifié leur coup, relate le quotidien francilien.

Durant leur garde à vue, ces derniers ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. Ils étaient déjà défavorablement connus des services de police pour des vols, des affaires de stupéfiants et des violences. Ils doivent être mis en examen pour « vol aggravé ».