Attaque à la préfecture de police de Paris : qui étaient Aurélia, Brice, Damien et Anthony ?


Une cérémonie d'hommage aux quatre fonctionnaires tués s'est déroulée ce mardi matin à la préfecture de police. (photo PP)

Ils ont tous les quatre été tués en quelques minutes par l’assaillant armé d’un couteau, dans la préfecture de police de Paris ce jeudi. Un hommage leur a été rendu ce mardi matin.

Aurélia Trifiro, Brice Le Mescam, Damien Ernest et Anthony Lancelot étaient fonctionnaires de police. Ils ont été fait chevaliers de la légion d’honneur ce mardi matin, par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, lors d’une cérémonie en présence d’Emmanuel Macron.

Aurélia Trifiro

Âgée de 39 ans, Aurélia était gardienne de la paix et avait débuté sa carrière dans les Bouches-du-Rhône. Elle avait été adjointe de sécurité (ADS) à Martigues de 2003 à 2008, avant de réussir le concours de gardien de la paix et de passer par l’école de police de Fos-sur-Mer.

Elle avait ensuite été affectée à Lyon puis à Paris, où elle travaillait à la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), au Service de gestion opérationnel (SGO). Aurélia habitait en Seine-et-Marne et avait rencontré son mari à la préfecture de police. Elle était mère de deux enfants de 5 et 8 ans, et était connue pour sa bonne humeur et sa joie de vivre.

La mairie de Combs-la-Ville lui a rendu hommage et a ouvert un registre de condoléance.


Brice Le Mescam

Brice était adjoint administratif en poste depuis 2013. Il était âgé de 38 ans et était affecté à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Il vivait dans un appartement du XVIIe arrondissement de la capitale avec un ami et était célibataire, sans enfant.

Ses voisins interrogés par Le Parisien le décrivent comme un homme « souriant, agréable, discret sur ses activités professionnelles ». Par ailleurs, Brice avait perdu son père à la fin des années 1990. Sa maman est gravement malade depuis plusieurs années et hospitalisée.

Un ami a choisi de lui rendre hommage sur Facebook.

Damien Ernest

Père de deux enfants, Damien était major de police affecté à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Il était policier depuis 1991 et avait 50 ans. Il était le voisin de bureau de l’assaillant depuis des années, affecté dans la même unité informatique.

« C’était un collègue extraordinaire, jamais un mot plus haut que l’autre, bon vivant, très bosseur », a déclaré mardi, sur France Inter, l’un de ses collègues.

Anthony Lancelot

Il avait 39 ans et était originaire du Loiret. Anthony était le père de deux jeunes enfants de moins de 10 ans. Il avait été adjoint de sécurité (ADS) à Orléans et à Montargis de 2005 à 2007 raconte La République du Centre.

« On a fait les 400 coups ensemble à pied, puis à mobylette et à scooter. On a fêté des anniversaires. On était une bande de cinq, six », raconte l’un de ses amis d’enfance au quotidien. « On s’est fréquenté jusqu’à l’âge du permis et plus tard, il est parti dans le sud (pour aller à l’école de police, ndlr) », explique-t-il.

« Quand il intervenait en opération, il avait toujours la crainte de tomber sur un extrémiste. On en rigolait », se rappelle aussi son ami.

Le discours d’Emmanuel Macron

Une cérémonie d’hommage s’est déroulée à la préfecture de police de Paris ce mardi matin, en présence du chef de l’État Emmanuel Macron et du ministre de l’intérieur Christophe Castaner notamment. Les deux anciens présidents de la République François Hollande et Nicolas Sarkozy étaient également présents.


« Vos collègues sont tombés sous les coups d’un islam dévoyé et porteur de mort, qu’il nous revient d’éradiquer », a déclaré Emmanuel Macron lors de son discours, promettant un « combat sans relâche » face à « l’hydre islamiste ». Le président de la République a appelé « la nation toute entière » à « faire bloc » et a demandé aux Français de « se mobiliser » afin que les signes de radicalisation soient mieux repérés « à l’école, au travail, dans les lieux de sa vie quotidienne ».

La Légion d’honneur remise aux victimes

Peu avant son discours, Christophe Castaner avait remis la Légion d’honneur, à titre posthume, aux quatre victimes. Une minute de silence a aussi été respectée, dans une ambiance lourde et une très grande émotion.