Attentat de Nice : Les parents du petit Yanis découvrent que leur fils a été enterré sans ses organes


Yanis, 4 ans, a été tué lors de l'attentat de Nice (DR) / Un mémorial des victimes sur la promenade des Anglais à Nice, le 16 juillet 2016. (photo H.Murdock/VOA/wikimedia)

Yanis, 4 ans, a été tué lors de l’attentat de Nice le 14 juillet 2016. Ses parents ont découvert il y a quelques jours que leur fils avait été enterré après le prélèvement de ses organes.


Les parents de Yanis sont dans un profond désarroi. Leur fils est l’une des 86 victimes tuées par le terroriste de Nice, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Samira et Mickaël ne savaient pas que les organes de leur fils avaient été prélevés avant son inhumation.

Ils l’ont appris il y a quelques jours par l’intermédiaire de la mère d’une fillette, également tuée ce 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais. « Ça fait trois jours que je ne dors pas » a confié Samira Rouibah à Nice-Matin. « Comment peut-on faire ça à des victimes d’attentat ? ».

Le père de l’enfant a expliqué de son côté qu’ils n’ont pas été prévenus, « comme lorsqu’ils ont fait l’autopsie de notre enfant. On n’a pas pu le voir avant cinq jours. On a découvert qu’ils avaient pratiqué une autopsie lors de la toilette mortuaire » a-t-il détaillé, encore sous le choc.

L’avocat des parents de Yanis, Me Yassine Bouzrou, n’avait jamais vu la mention concernant le prélèvement des organes, notamment son foie, son pancréas, et une partie de ses poumons. La mère du petit garçon a aussi expliqué ne pas avoir eu la force de lire le rapport d’autopsie.

« Il va falloir qu’on subisse un deuxième enterrement et qu’on ouvre sa tombe »

Samira réclame désormais des explications : « Pourquoi ils ont fait ça ? Il n’y a pas de raison valable. Ils n’ont pas le droit de prendre les organes d’un enfant de moins de 13 ans sans l’accord des parents ». « On l’a enterré. On va se recueillir sur sa tombe. Mais il va falloir qu’on subisse un deuxième enterrement et qu’on ouvre sa tombe ».

« Ma femme ne dort plus depuis une semaine, elle reprend des cachets. Maintenant on veut récupérer les organes de mon fils le plus rapidement possible pour les mettre avec lui. On va l’enterrer une seconde fois. C’est horrible » a expliqué Mickaël, à France Bleu.

Un prélèvement à la demande du procureur de la République de Paris

Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre a répondu aux questions du journal régional et a confirmé la légalité des prélèvements réalisés. Au moment des faits, la section antiterroriste du parquet de Paris s’était saisie de cette affaire.

François Molins qui était alors procureur de Paris, avait décidé que les organes des enfants décédés à l’hôpital seraient conservés, dans le cas où une action en justice venait à être intentée à l’encontre des soins reçus à l’hôpital.

L’avocat de la famille a réclamé à l’hôpital la restitution des organes de Yanis. La demande a été acceptée.

L’attentat de Nice a fait 86 morts et plus de 400 blessés. Il avait été revendiqué par l’EI alors que le terroriste avait été abattu par les policiers.