Besançon : Un faux dermatologue mis en examen pour viol et agression sexuelle

Illustration. (Alexandre Marchi/PhotoPQR/Maxppp)

Un assistant médical qui se faisait passer pour son frère dermatologue a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, ce jeudi, à Besançon (Doubs), après les plaintes de deux de ses patients pour viol et agression sexuelle.

Après les scandales des gynécologues poursuivis pour des viols ces dernières semaines à Paris et Arras notamment, le secteur médical est à nouveau entaché par les révélations de deux jeunes femmes qui auraient été abusées par un assistant médical qui se faisait passer pour son frère dermatologue.

Le suspect a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire ce jeudi, à Besançon. Il est poursuivi pour viol et agression sexuelle. Les victimes pensaient être prises en charge par son frère, réellement médecin dans cette spécialité. Celui-ci n’est absolument pas inquiété par cette procédure. Il avait aussi été placé en garde à vue au début de l’enquête avant d’être rapidement mis hors de cause.

Le mis en cause pratiquait des épilations au laser dans le cabinet médical de son frère. En garde à vue, il a contesté catégoriquement les accusations. Selon les premiers éléments et témoignages des jeunes femmes, il aurait commis ses viols et agressions sexuelles « lors de soins pratiqués au niveau du maillot et du sillon interfessier », a précisé le procureur de la République, Étienne Manteaux. Le praticien titulaire serait, lui, parti dans une autre région il y a plusieurs semaines et c’est à cette occasion que l’assistant aurait usurpé la qualité du médecin.

Les deux patientes ont déposé plainte en octobre et une enquête a été ouverte et confiée à la sûreté départementale de Besançon voici plusieurs semaines, aboutissant il y a quelques jours à l’interpellation du suspect.

D’autres praticiens visés par des accusations de viol

Le monde médical est secoué par plusieurs affaires ces dernières semaines et traduisent de la fin de l’impunité de certains personnels, vraisemblablement déviants. Le média Les Jours a enquêté pendant plusieurs mois sur les agissements d’un certain « docteur T » qui exerçait à Domont dans le Val-d’Oise. Ce praticien aujourd’hui à la retraite a pu sévir pendant « plus de vingt ans », selon les éléments du dossier obtenus par le média : claque sur les fesses, touchers vaginaux « en va-et-vient » répétés pendant de longues minutes, caresses sur le clitoris, baisers sur les parties intimes… les agissements et les témoignages ne laissent que peu de place au doute.

De son côté, le 28 septembre une enquête judiciaire pour « viol par personne ayant autorité sur mineur de plus de 15 ans » a été ouverte par le parquet de Paris à l’encontre du chef de service gynécologique obstétrique et médecine de la reproduction à l’hôpital Tenon à Paris (XXe), Émile Daraï. Les investigations ont été confiées à la Brigade de protection des mineurs (BPM). Le professeur est visé par deux plaintes pour des touchers vaginaux et rectaux sans consentement, des gestes brutaux et des actes de maltraitances verbales et psychologiques. L’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris) et Sorbonne Université ont aussi mandaté des enquêtes internes.

Aussi, depuis 2015, une instruction est menée à Arras (Pas-de-Calais), à l’encontre du docteur Bernard Henric, gynécologue endocrinologue, suspecté de viols et d’agressions sexuelles après les témoignages d’une soixantaine de ses patients qui attendent toujours un procès, six ans plus tard…