Bordeaux : Colère des policiers après la libération d’un homme qui a agressé leurs collègues au couteau


Illustration. (NeydtStock / Shutterstock)

La justice reproche à un homme d’avoir poignardé une policière en intervention, sauvée par son gilet pare-balles. En raison d’un délai procédural expiré, les magistrats ont été contraints de le libérer sous contrôle judiciaire.

C’est une situation qui passe mal dans les rangs policiers. Le syndicat Alliance Police Nationale n’a pas caché sa colère : « C’est scandaleux !« , a-t-il réagi dans un communiqué. Et pour cause, les faits reprochés à ce jeune homme, se disant de nationalité marocaine et sans domicile fixe, sont particulièrement graves.

Interpellé en plein cambriolage, il porte un coup de couteau à une policière

L’affaire a débuté le 11 décembre dernier, lorsqu’un témoin a alerté la police qu’un cambriolage était en cours dans un bar de Bordeaux (Gironde). Rapidement sur place, les policiers ont surpris le suspect qui était caché dans la cave du commerce.

Au lieu de s’avouer vaincu, le voleur armé d’un couteau a sauté sur une policière et l’a poignardée, avant de se faire interpeller. La lame s’est fichée dans le gilet pare-balles de la fonctionnaire de police, lui évitant d’importantes blessures voire pire.

Le mis en cause se dit « mineur non accompagné »

L’homme a été placé en garde à vue pour « vol avec effraction » et « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Mais le crime a été finalement requalifié en délit : « violences volontaires aggravées », relate Sud Ouest.


Sans document d’identité, le mis en cause a affirmé aux enquêteurs être un mineur non accompagné âgé de 17 ans. Après recherches, les policiers se sont rendu compte qu’il était connu défavorablement de leurs services sous d’autres alias, le donnant majeur.

Une expertise osseuse qui n’arrive pas

Alors qu’il faisait l’objet d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel le 12 décembre, son avocate a plaidé l’incompétence de la juridiction, réservée aux majeurs. Les magistrats ont ordonné une expertise osseuse pour déterminer son âge, puis l’ont placé en détention provisoire.

Le 17 décembre s’est donc tenue la nouvelle audience, mais l’expertise n’avait toujours pas été versée au dossier. Le jugement a donc été une nouvelle fois renvoyé, à jeudi dernier, et le prévenu est retourné en détention provisoire.

Le jour de cette troisième audience, l’expertise osseuse était encore manquante. Le parquet a requis une nouvelle fois un renvoi d’audience accompagné du placement en détention du prévenu, mais en vain : le délai maximum de six semaines de détention provisoire, prévu pour les jugements en comparution immédiate, était expiré.

Laissé libre sous contrôle judiciaire

Les magistrats n’ont pas eu d’autre choix que de libérer l’homme, peu importe les faits qui lui sont reprochés. C’est ainsi que le prévenu, dont l’identité n’est pas certaine, se disant de nationalité marocaine et sans domicile fixe, a été libéré sous contrôle judiciaire.

Dans son communiqué, le syndicat policier dénonce cette situation et insiste sur la nécessité « que le législateur se penche sur cette problématique et que les textes soient modifiés« .