Bordeaux : Le parquet saisit l’IGPN après l’interpellation «musclée» d’un homme


Illustration. (shutterstock)

Un jeune homme de 20 ans a été interpellé par la police ce samedi lors de l’acte 65 des Gilets jaunes à Bordeaux (Gironde). Une arrestation « musclée » qui a été filmée et dont la vidéo a été visionnée plus de 2,7 millions de fois en quelques jours.


30 personnes ont été interpellées à Bordeaux ce samedi lors de la manifestation des Gilets jaunes. Parmi elles, un homme dont l’arrestation a été filmé. Cette vidéo diffusée sur le réseau social Twitter a provoqué de très nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Durant les 48 secondes de cette séquence, tout va très vite. Un individu est désigné par un policier puis un second fonctionnaire arrive et saisit le suspect qui est immédiatement amené au sol tandis qu’un périmètre de sécurité est mis en place par les forces de l’ordre. Le jeune homme âgé de 20 ans a ensuite été placé en garde à vue.

Ce dimanche, la police et le parquet de Bordeaux avaient indiqué au journal Le Parisien que le mis en cause avait été identifié alors qu’il saisissait des objets sur un chantier. Il aurait aussi été aperçu alors qu’il était avec un autre individu qui jetait des projectiles sur les forces de l’ordre, ce qui a conduit à son interpellation.

Les deux suspects ont été placés en garde à vue notamment pour « violences volontaires commises sur personne dépositaire de l’autorité publique », « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences volontaires » et « destructions et dégradations ».

Son avocat dénonce des violences et des menaces de mort

Dans un communiqué diffusé sur Twitter, l’avocat du jeune homme dont l’interpellation a été filmée, Me Gabriel Lassort, indique qu’aucune charge n’a été retenue contre son client et explique que ce dernier a été victime de violences de la part de la police mais également de menaces de mort : « Il déposera plainte dans les prochains jours entre les mains du procureur de la République du chef de violences aggravées par dépositaire de l’autorité publique et menaces de mort réitérées ».

Une technique d’interpellation réglementaire pour le parquet

Le parquet de Bordeaux a précisé de son côté que l’enquête concernant le mis en cause se poursuivait et qu’il sera reconvoqué ultérieurement, tout comme le second suspect.

« Le parquet de Bordeaux, nonobstant l’absence de plainte de l’individu interpellé, a saisi l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) d’une enquête aux fins d’obtenir des éléments propres à fonder sa décision future sur les suites à donner à cette affaire », a annoncé le parquet.
Concernant la façon dont le jeune homme a été interpellé par les policiers, la procureure citée par le quotidien a évoqué une technique « réglementaire » de « balayage » utilisée par les policiers. « Le coup de pied donné au manifestant étant destiné à le mettre au sol et non le blesser », a-t-elle ajouté.

En outre, le parquet a mentionné que l’un des policiers visés par les jets de projectiles avait déjà déposé plainte.

« Une manifestation extrêmement compliquée à gérer »

« C’était une manifestation extrêmement compliquée à gérer », a expliqué une source policière à franceinfo. « Plusieurs grappes de manifestants se sont retrouvées repoussées du côté de la gare à la suite de dispersions ».


« Nous nous retrouvons dans une situation avec en même temps des manifestants et des badauds, des voyageurs », a précisé cette source. « Plus tôt dans la manifestation, un certain nombre d’individus, équipés de barres de fer, ont été repérés en train de lancer des projectiles sur les policiers ».