Brest : Blessé, il raconte avoir dû attendre 33 heures avant d’être soigné par l’hôpital.

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Un habitant de la région de Brest (Finistère) raconte sa chaotique expérience à l’hôpital. Blessé au bras avec sa tronçonneuse, l’homme a été contraint de patienter 33 heures avant d’être soigné par un médecin de l’hôpital. Ouest-France a publié des extraits du courrier que le patient a envoyé à l’hôpital.


« Ce 14 février, je me blesse avec ma tronçonneuse et le muscle de mon avant-bras gauche est sérieusement entamé : 7 cm de long, sur 3 de profondeur… Le saignement est important, alors nous faisons avec mon épouse un pansement de fortune, et nous nous rendons au CHU de Brest (Finistère) » raconte l’homme.

« Nous arrivons aux urgences à 13 h. Je n’en sortirai que sept  heures plus tard. Entre-temps, je suis resté à jeun toute la journée. Ma plaie a été nettoyée trois fois : le dernier chirurgien à s’être occupé de moi a dû sortir de la salle au moins cinq fois pour chercher des fournitures manquantes, et a été dérangé par une demi-douzaine d’appels, ce qui l’a obligé à se redésinfecter les mains à chaque fois. » poursuit-t-il.

Un rendez-vous annulé le matin même

« Après m’avoir examiné, il conclut que la blessure nécessite un passage au bloc opératoire. Rendez-vous est pris le lendemain, à 8 h du matin. Nous rentrons chez nous. »

La situation ne va finalement pas se passer du tout comme prévue. « 7 h, le 15 février : je reçois un appel du chirurgien, me disant qu’il est inutile de me déplacer pour l’instant  : on me tiendra au courant. Une heure plus tard, sans nouvelles et alors que ma blessure est toujours ouverte, presque 24 heures après l’accident, je rappelle pour signaler mon mécontentement. Une infirmière  m’apprend qu’une chambre m’attend au service traumatologie. »

16 heures à attendre

« Retour au CHU  : une fois installés, mon épouse et moi apprenons que je ne serai opéré que l’après-midi, du fait d’urgences plus importantes. Une légère collation m’est fournie en début de matinée. À la suite de quoi, nous patientons seize  heures sans aucune information fiable. » écrit l’homme dans son courrier.

L’intervention a duré… 14 minutes. « Ce n’est que vers 22 h qu’un brancardier passe me chercher. Je serai absent trois  heures, pour une intervention qui a duré au total quatorze minutes. Je quitte l’hôpital vers une heure du matin. Bilan  : 33  heures d’attente entre l’inscription aux urgences et la prise en charge, et ce avec une blessure ouverte. »

Il salue le professionnalisme du personnel soignant

« L’ensemble des personnels soignants qui se sont succédé, parfois simplement pour nous dire que nous n’étions pas oubliés, a fait preuve d’un réel professionnalisme. Le fait que les urgences soient priorisées est normal, et je ne souhaitais pas de régime de faveur. Mais la gestion technocratique du CHU s’avère dramatique  : quelle dégradation en quelques années ! »

« Une fois admis, le patient est prisonnier du système. Il doit subir une organisation déficiente qui donne peu de place à l’humain au nom d’une pseudo-rentabilité. Comme si la santé pouvait être rentable… La communication et les informations vers le patient sont nulles. Plutôt que de donner au CHU une belle vitrine, des blocs opératoires supplémentaires ouverts auraient pu faire l’objet d’une expérimentation. »

« Quel dommage que la santé soit gérée par des comptables  ! Courage aux soignants de travailler avec ces contraintes  ! » conclu-t-il.