Confinement : Une femme de 61 ans condamnée à de la prison ferme après 7 verbalisations


Illustration. (Shutterstock)

La pédagogie et les sanctions pécuniaires n’y ont rien fait. Une commerçante de Pontarlier (Doubs) a fini au tribunal pour avoir bravé à maintes reprises les mesures de confinement.

C’était la première fois que le tribunal correctionnel de Besançon devait juger le délit de non-respect habituel des mesures de confinement. Une commerçante de 61 ans a y comparaissait, ce mercredi, à la suite de sept verbalisations pour ne pas avoir respecté les règles de confinement.

La veille, elle avait été interpellée et placée en garde à vue au commissariat de Pontarlier et n’avait pas hésité à insulter copieusement les fonctionnaires, relate L’Est Républicain.

Un comportement « particulièrement déplaisant »

Les faits ont débuté le 30 mars dernier, lors de son premier contrôle. Sans attestation de déplacement dérogatoire, la commerçante avait été verbalisée une première fois. Quatre autres verbalisations similaires se sont succédées dans la semaine, jusqu’à ce lundi.

Ce jour-là, la sexagénaire a été contrôlée deux fois sans attestation et a eu un comportement « particulièrement déplaisant » à l’endroit des forces de l’ordre, dira la présidente lors de l’audience. Les policiers lui ont alors délivré une convocation pour le lendemain au commissariat. « Je suis libre de faire ce que je veux. C’est l’État qui va payer », leur a-t-elle déclaré.


Placée en garde à vue

Mardi donc, la mise en cause s’est présentée au rendez-vous. Un officier de police l’a placée en garde à vue pour le non-respect habituel des mesures de confinement. La situation a totalement dégénéré.

La sexagénaire s’est rebellée violemment, refusant de subir une fouille de sécurité comme la procédure le prévoit. L’enquête a toutefois atteint son terme et la mise en cause a été déférée devant la justice.

Un comportement très différent devant les magistrats

Face aux magistrats ce mercredi, la prévenue a justifié sa réaction lors de la fouille de sécurité en évoquant un traumatisme consécutif à des violences conjugales. Elle s’est aussi plainte d’avoir eu le nez cassé par les policiers, mais a refusé d’être examinée par un médecin.

À l’audience, son comportement était très différent de celui qu’elle avait adopté au commissariat. La sexagénaire a juré que, mal informée, elle pensait que ce n’était « pas si grave » de ne pas respecter le confinement. La présidente du tribunal lui aussitôt rappelé ses propos tenu lors d’un contrôle : « Je suis libre de sortir ! Je ne me plierai à aucune mesure de sécurité », ajoutant qu’elle ne pouvait ignorer le décompte morbide annoncé quotidiennement dans les médias.

Deux mois de prison ferme

La procureure de la République a pour sa part lancé : « Elle parle de liberté, mais c’est de SA liberté ! La liberté des autres, elle ne s’en préoccupe pas ». Dénonçant l’« égoïsme » de la prévenue, elle a requis 2 mois de prison ferme. Le tribunal a suivi ses réquisitions, sans assortir la sanction d’un mandat de dépôt. La sexagénaire est donc ressortie libre du tribunal.