Coronavirus chinois : «Psychose» à Carry-le-Rouet qui va accueillir 200 Français rapatriés de Wuhan


Les 200 premiers Français rapatriés de Wuhan en Chine confinés durant 14 jours dans un centre de vacances de Carry-le-Rouet dans les Bouches-du-Rhône. (photo Google)

Les habitants de cette petite commune près de Marseille (Bouches-du-Rhône) sont très inquiets. Tout comme le maire, ils ont appris « par la presse » que Carry-le-Rouet est la destination désignée pour accueillir les premiers Français évacués de Wuhan en Chine.

Le maire de Carry-le-Rouet déplore avoir appris la nouvelle par les médias, avant d’être contacté par l’exécutif. Sa commune d’environ 6 000 habitants va devoir accueillir les 200 premiers Français rapatriés du Wuhan. Cette ville chinoise est l’épicentre de l’épidémie du nouveau coronavirus nommé 2019-nCov, déjà responsable de 9 800 contaminations et de 213 morts selon le dernier bilan des autorités chinoises ce vendredi.

Les personnes rapatriées doivent être confinées dans un centre de vacances de la commune. Elles doivent arriver en France ce vendredi et seront mises à l’isolement durant 14 jours.

« Les gens sont affolés »

Selon l’édile, l’information a généré une « psychose » au sein de la population. « C’est comme quand on annonce la fermeture des industries pétrolières, tout le monde fait le plein. Là c’est pareil, les gens sont affolés », a-t-il témoigné auprès de BFMTV.

De nombreux touristes étaient attendus

La décision de réunir les premières personnes rapatriées de Wuhan à Carry-le-Rouet pose question en cette période. C’est en effet le week-end d’ouverture du mois des « oursinades ». Chaque année, cet événement festif draine beaucoup de touristes.


Le maire craint que cette décision du gouvernement ne provoque des annulations en masse de la part des visiteurs. D’autant qu’un tiers de l’économie de Carry-le-Rouet repose sur cet événement.

Les autorités veulent rassurer

Aucun des 200 Français qui doivent arriver ce vendredi ne présente de symptôme, ont indiqué les autorités. « Il n’est pas question de mettre ces personnes dans des lieux de détention ou de soins alors qu’elles ne sont pas malades » a estimé Jérôme Salomon, directeur général de la Santé.

Des gendarmes en surveillance autour du centre de vacances

Les personnes confinées vont faire l’objet d’une surveillance médicale durant une période de 14 jours au sein du centre réquisitionné. Il s’agit de la période maximale d’incubation du coronavirus constatée jusqu’à présent.

Les rapatriés devront porter un masque et prendre leur température régulièrement, a indiqué le préfet de la région Paca, Pierre Dartout, lors d’une conférence de presse à Marseille. Ils seront hébergés « par famille dans des chambres distinctes » et devront signer « un engagement » à respecter la quarantaine, a-t-il précisé.

« Les gendarmes ont été positionnés pour éviter toute pénétration dans le site, dans l’intérêt même de toutes les personnes qui pourraient vouloir pénétrer » a enfin déclaré le préfet. L’avion militaire qui transporte les rapatriés a décollé de Wuhan vendredi à 00h07 (heure française) et doit atterrir à la mi-journée à Istres dans les Bouches-du-Rhône.