Coronavirus : L’infirmière de l’Hérault avait été expulsée de chez elle, ses propriétaires seront jugés


Un médecin des urgences du CHU de Lille le 10 mars 2020. (PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP)

Deux personnes âgées, propriétaires d’un appartement de Montarnaud (Hérault) loué à une infirmière de Montpellier, avaient usé de tous les moyens pour la faire partir, ainsi que sa famille. Elles vont devoir en répondre devant la justice.

Rendue publique en début de mois, l’histoire de cette infirmière anesthésiste, qui travaille actuellement au service réanimation de l’hôpital La Peyronnie au CHU de Montpellier, avait ému nombre d’internautes.

Dans son appartement de Montarnaud, Mélina Florès avait fait venir sa maman, jusqu’ici pensionnaire d’un Ehpad, sa fille de 20 ans et sa fillette de 3 ans. Pour ne pas risquer de contaminer sa famille et pouvoir dormir à proximité du CHU, elle s’était installée dans le petit studio de sa fille à Montpellier.

Sous la pression, elle avait quitté le logement

Au terme de plusieurs jours de conflit avec les propriétaires de son appartement, qui vivent juste au-dessus, l’infirmière avait finalement rendu son logement, situé au rez-de-chaussée, qu’elle louait depuis juillet dernier avec son compagnon.

Bien décidés à faire partir tout ce petit monde de l’appartement du rez-de-chaussée, les propriétaires, âgés de 75 et 80 ans et malades, avaient commencé à leur rendre la vie insupportable. Ils avaient coupé le chauffage, l’eau chaude, l’antenne de la télévision, et faisaient le plus de bruit possible très tôt le matin.


Les propriétaires convoqués en justice

Après la publication de cette mésaventure, le parquet de Montpellier avait ouvert une enquête préliminaire le 2 avril dernier. Après investigations les propriétaires de l’habitation avaient été placés en garde à vue. Le couple a été déféré au parquet ce mercredi.

Les deux propriétaires sont poursuivis pour « harcèlement moral, atteintes à l’intimité de la vie privée, dégradations volontaires de bien privé et emploi de voies de fait ou contrainte pour forcer des personnes à quitter leur lieu d’habitation », rapporte France Bleu. Ils comparaîtront au tribunal correctionnel de Montpellier le 29 juin prochain.

L’infirmière s’est dite très touchée par les témoignages de soutien reçus après la publication de sa mésaventure. Elle a déclaré être rassurée que la justice aille au bout de cette affaire. Elle vit pour le moment dans un studio loué, sa fille est retournée dans son appartement, et son conjoint habite dans sa famille.