Coronavirus : Près de la moitié des pensionnaires d’un Ehpad de Lorraine sont décédés


Illustration. (Pixabay)

Le bilan humain est très lourd dans un Ehpad de Meurthe-et-Moselle. Près de la moitié de ses résidents sont vraisemblablement décédés du Covid-19 en deux semaines.

Dans un Ehpad de Mars-la-Tour (Meurthe-et-Moselle), le coronavirus a été particulièrement meurtrier. 22 pensionnaires sur 51 sont vraisemblablement morts des suites du Covid-19 en deux semaines à peine, et 19 des 52 personnels soignants ont contracté la maladie.

Un plan d’urgence a été déclenché au sein de l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Saint-Dominique. « Le 2 avril, nous avons eu deux décès et après, plusieurs », a confié à Ouest-France Stéphanie Remiatte, directrice de l’Ehpad.

Le virus a été « fulgurant »

« Certains résidents n’étaient même pas symptomatiques et en deux heures » leur état de santé s’est fortement dégradé, a témoigné la directrice, qui qualifie le virus de « fulgurant ». Pourtant, dès le 9 mars, soit deux jours avant les directives nationales, les visites avaient été interdites dans l’établissement, et le confinement strict des pensionnaires avait été imposé dès le 16 mars.

Malheureusement, cela n’a pas suffit à empêcher l’arrivée et la propagation du virus dans l’Ehpad, d’autant que « beaucoup de résidents sortent de leur chambre et déambulent dans les couloirs », et que certains d’entre eux ont nécessité des soins hospitaliers avant de revenir dans l’établissement.


« Rassurer les résidents et échanger avec eux »

Pour Stéphanie Remiatte, qui gère un autre Ehpad où aucun cas de Covid-19 n’a été recensé, cette situation est la résultante d’un ensemble de facteurs qui n’ont pas permis d’endiguer la propagation du virus. Elle a aussi évoqué la présence de onze chambres doubles, rendant plus difficile le confinement.

Malgré ces nombreux décès, l’établissement a conservé le même nombre de soignants ce qui leur permet de prendre le temps de rassurer les résidents et de discuter avec eux.

Un soutien psychologique pour le personnel

Les familles des personnes en fin de vie sont contactées par des infirmières pour leur donner la possibilité de passer leurs derniers moments ensemble, selon la directrice, qui confie : « On n’est pas armés face à ce genre de crise sanitaire, il faut gérer l’urgence ». Une cellule de soutien psychologique a d’ailleurs été mis en place pour le personnel.

D’après le dernier bilan remontant à jeudi, plus de 1 400 résidents d’Ehpad et d’autres établissements médicaux-sociaux sont décédés à l’hôpital ou dans leur chambre depuis le début de l’épidémie, dans le Grand Est.