Décès de Cédric Chouviat : les policiers donnent leur version des faits


Cédric Chouviat avait été contrôlé puis interpellé à Paris ce vendredi 3 janvier. (capture écran vidéo)

L’avocat des policiers, Maître Thibault de Montbrial, a livré la version des fonctionnaires impliqués dans l’interpellation de Cédric Chouviat, décédé à l’hôpital peu après. Il évoque une « tragédie » mais également les « provocations verbale et physique » de l’interpellé et l’opposition de ce dernier lors de son arrestation.

Cédric Chouviat, un coursier de 42 ans, avait fait l’objet d’un contrôle routier ce vendredi matin à Paris, à l’angle de l’avenue de Suffren et du quai Branly (VIIe). Il a ensuite été interpellé puis conduit à l’hôpital Georges Pompidou dans un état critique où il est décédé dans la nuit de samedi à dimanche.

Dans cette affaire, le parquet de Paris a annoncé ce mardi l’ouverture d’une information judiciaire pour « homicide involontaire » suite aux premiers résultats de l’autopsie, montrant une « manifestation asphyxique avec une fracture du larynx ».

« C’est également une tragédie pour les quatre fonctionnaires qui sont très meurtris »

L’avocat des policiers Me Thibault de Montbrial a tenu une conférence de presse à son cabinet ce mercredi soir et a évoqué l’intervention des policiers, mise en cause par la famille du défunt et ses avocats. « Cette affaire est d’abord une épouvantable tragédie pour la famille de Monsieur Chouviat (…) C’est également une tragédie pour les quatre fonctionnaires qui sont très meurtris par la mort de Monsieur Chouviat », a d’abord déclaré l’avocat des policiers.

Me Thibault de Montbrial a ensuite évoqué la version des forces de l’ordre. « Tout commence à un feu de circulation où l’équipage de Police Secours est en mission classique de sécurisation de l’arrondissement. Il voit passer un individu à scooter avec un téléphone portable à la main. L’un des policiers baisse sa vitre et crie au conducteur du scooter « téléphone ! ». Le conducteur répond par un geste méprisant à l’égard des policiers. Ceux-ci décident de contrôler le conducteur et se portent à son niveau », détaille l’avocat.


« Une attitude de provocations verbale et physique »

« Le conducteur s’arrête. Dès le début du contrôle, Monsieur Chouviat adopte une attitude de provocations verbale et physique avec une multiplication d’avancées vers l’un ou l’autre des policiers en hurlant « violence policière ! » quand l’un des policiers le remet à distance de sécurité, c’est-à-dire à un mètre de leur personne », ajoute-t-il.

« Les policiers ont gardé leur calme pendant la dizaine de minutes que dure ce contrôle. À l’issue de ce contrôle, ils redonnent à Monsieur Chouviat ses papiers d’identité et l’informent qu’il va être verbalisé à cause du téléphone (qu’il portait à la main), et qu’il recevra le procès-verbal. Les policiers remontent dans leur voiture », raconte Me Thibault de Montbrial.

« Les policiers engagés ce matin-là sont moins costauds que Monsieur Chouviat et peinent à le maîtriser »

Les policiers ont ensuite décidé d’interpeller le contrevenant pour outrages : « À ce moment-là, Monsieur Chouviat revient au contact de la voiture de police, du côté du conducteur. Il commet un nouvel outrage envers l’équipage qui décide de l’interpeller. Il résiste et se rebelle. Les policiers engagés ce matin-là sont moins costauds que Monsieur Chouviat et peinent à le maîtriser. »

« Une mêlée se constitue avec Monsieur Chouviat et les policiers et cette mêlée chute sur la voie de circulation. Il est ramené sur le côté pour assurer sa sécurité et celle des policiers. Même au sol, Monsieur Chouviat ne se laisse pas menotter et continue de se débattre », poursuit le conseil des policiers, qui estime que les fonctionnaires ont fait usage de la force nécessaire. « À ce stade, j’arrête mes explications. L’enquête établira si oui ou non des fautes ont été commises. Mais selon les éléments transmis par les policiers eux-mêmes, il ne me semble pas que la proportionnalité de la force que la police est en droit d’utiliser ait été dépassée ».

Une plainte de la famille

Plusieurs vidéos amateurs des faits ont été diffusées sur les réseaux sociaux en début de semaine et les avocats de la famille de M. Chouviat ont tenu une conférence de presse ce mardi matin, évoquant « une bavure policière dramatique ». Ces derniers ont déposé une plainte pour « violences volontaires commises en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».


De son côté, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est exprimé concernant cette affaire, en marge des vœux du syndicat UNSA Police ce mercredi, à Paris : « Il y a une enquête qui a débuté et qui a révélé des éléments qui interrogent gravement. Je souhaite que toute la transparence soit faite ».