Des ex-otages du Bataclan expriment leur soutien à la BRI de Paris, visée par une réforme


La BRI de la préfecture de police de Paris lors d'une démonstration en juin 2018. (photo Domenjod/wikimedia)

Dans une tribune, sept ex-otages de l’attentat du 13-Novembre au Bataclan ont exprimé leur soutien aux policiers de la Brigade de recherches et d’intervention (BRI) de la préfecture de police de Paris. L’unité est en effet visée par un projet de réforme qui pourrait conduire à sa disparation sous sa forme actuelle.

Ils ont décidé de faire part de leur soutien envers les policiers qui leur ont sauvé la vie ce 13 novembre 2015, alors qu’ils étaient face à deux des terroristes du Bataclan. David, Grégory, Caroline, Stéphane, Marie, Arnaud et Sébastien ont publié une tribune sur Twitter, dans laquelle ils dénoncent « un manque de tact et de respect que l’État fait subir au service ».

« La BRI telle que nous la connaissons va disparaître (…) En tant qu’ex-otages, la réforme elle-même nous désole profondément. Pourquoi liquider cette formation de police unique et surtout extrêmement efficace, à quelles fins ? (…) Où est le respect envers ces hommes qui ont couru face au danger pour nous en extraire », peut-on lire dans ce long message.

« Les choses qui fonctionnent, il ne faut pas les détruire »

« Il y a vraiment une sorte de manque de respect et de mépris pour eux alors que ce sont, à nos yeux et je pense pour tout le monde, des héros », a insisté David Fritz-Goeppinger, l’un des signataires de cette tribune, qui a été interrogé par France Inter. « C’est une intervention qui a fonctionné. Et les choses qui fonctionnent, il ne faut pas les détruire, il faut les consolider, les garder », a plaidé Gregory, un autre signataire.

Le préfet de police propose de reformer et rattacher l’unité au RAID

Tout a commencé au début de l’été lorsque le nouveau préfet de police de Paris Didier Lallement a proposé, dans un rapport transmis au ministère de l’Intérieur, de rattacher au RAID, son unité d’élite, la BRI. L’idée étant de diviser le service parisien en deux : une partie des effectifs seraient rattachés au RAID (qui dispose d’une compétence nationale, ndlr) et la seconde partie à la police judiciaire, qui a rejoint ces nouveaux locaux, toujours au « 36 », mais désormais dans la rue du Bastion, à côté du nouveau Tribunal de Paris (XVIIe).

L’idée remonte à l’après 13-Novembre. Cette nuit-là, la BRI PP est arrivée la première au Bataclan, elle est intervenue avec le RAID qui est resté en appui. Une situation que l’ex-patron du RAID Jean-Michel Fauvergue, désormais député LREM, avait dénoncé devant la commission d’enquête parlementaire.

Un avenir incertain

La place Beauvau a affirmé à cette même radio qu’aucune décision n’avait encore été prise sur ce dossier, évoquant une réflexion globale. Pour l’heure, les policiers de la BRI PP qui sont restés installés dans les locaux du 36 quai des Orfèvres au centre de la capitale, patientent, face à cette situation floue concernant leur avenir.