Disparition d’Estelle Mouzin : l’enquête relancée après des déclarations de Michel Fourniret


Estelle Mouzin a disparu le 9 janvier 2003. (photo MAXPPP)

« Un sujet à creuser ». C’est par ces termes que le tueur en série Michel Fourniret a qualifié la disparition d’Estelle Mouzin. De son côté, Monique Olivier, son ex-femme, souhaite « évoquer ce sujet » avec un magistrat.

Les troublantes déclarations de Michel Fourniret ont eu lieu le 14 mars dernier dans le bureau de la juge qui mène l’enquête sur deux autres probables victimes de « l’Ogre des Ardennes », Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce. Il s’était mis à évoquer spontanément le cas d’Estelle Mouzin, pour lequel il y aurait selon lui « quelque chose à creuser », mais avait ajouté ne pas s’en souvenir plus, en précisant qu’il avait « le cul merdeux » à ce sujet.

Quelques temps auparavant, c’était son ex-femme Monique Olivier, qui avait abordé spontanément l’affaire de la disparition d’Estelle Mouzin devant la juge. Le 5 février dernier, à la fin d’une audition concernant le dossier sur les disparitions de Joanna Parrish et de Marie-Angèle Domèce, la magistrate avait demandé si Monique Olivier avait « quelque chose à ajouter ». C’est à ce moment-là qu’elle avait répondu vouloir s’exprimer sur la disparition d’Estelle Mouzin « compte tenu du temps qui passe et pour aider les familles des victimes ».

Des déclarations perverses, mais peut-être intéressantes pour l’enquête

Si le terme « creuser » a été employé par le tueur en série, ce n’est sans doute pas par hasard. En effet, le tueur en série a plusieurs fois dissimulé les dépouilles de ses victimes sous terre.

Ces déclarations pourraient relancer l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin, mais pour le moment, la juge Khéris qui instruit l’affaire des disparitions de Joanna Parrish et de Marie-Angèle Domèce n’a pas la latitude pour étoffer le dossier Estelle Mouzin qui est instruit à Meaux (Seine-et-Marne).


Selon 20 minutes, la procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, a adressé le 7 mai « une requête en bonne administration de la justice ». Ceci afin que le dossier soit officiellement transféré au tribunal de Paris où exerce la juge Khéris. Ce transfert doit encore être validé par la Cour de Cassation.

Pour le père d’Estelle, Éric Mouzin : « Il faut que ça aille vite maintenant. Il est plus que temps de faire les vérifications nécessaires ». Alors âgée de 9 ans, Estelle Mouzin a disparu en janvier 2003 à Guermantes.