Assassinat d'Alain Orsoni en Corse : un tireur embusqué depuis un point haut

Le procureur de la République d'Ajaccio a détaillé ce lundi soir le déroulé des faits survenus au cimetière de Vero, où Alain Orsoni a été mortellement touché par un tir à longue distance alors qu'il assistait aux obsèques de sa mère. L'enquête pour assassinat en bande organisée a été récupérée par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, en cosaisine avec le PNACO.
Assassinat d'Alain Orsoni en Corse : un tireur embusqué depuis un point haut
Alain Orsoni. (capture écran / France 3)
Par Actu17
Le mardi 13 janvier 2026 à 01:30

Le procureur de la République d'Ajaccio (Corse-du-Sud) Nicolas Septe a apporté ce lundi soir des précisions sur les circonstances entourant l'assassinat d'Alain Orsoni, tué par balle au cimetière de Vero lors des obsèques de sa mère dans l'après-midi.

Selon le magistrat, "vers 16h30 la permanence du parquet d'Ajaccio était avisée qu'un blessé par balle se trouvait gisant au sein du cimetière de Véro". L'homme a été rapidement identifié comme étant Alain Orsoni, venu assister à la cérémonie funéraire. "Le blessé, Alain Orsoni, décédait rapidement de sa blessure peu avant 17 heures", précise le procureur.

«Une arme longue certainement équipée d'une lunette»

Informé des faits, le magistrat indique s'être rendu sur place, tout en demandant parallèlement aux premiers enquêteurs d'ouvrir un cadre d'investigation du chef "d'assassinant en bande organisée". Les premières constatations techniques font état d'un dispositif de tir particulièrement structuré. Nicolas Septe décrit ainsi "un tir opéré à longue distance, probablement à partir d'un point haut, à l'aide d'une arme longue certainement équipée d'une lunette". À ce stade, une seule trace de tir est relevée sur la scène, point qui devra être confirmé par les examens balistiques et l'autopsie. "L'ogive a été retrouvé", a également précisé le magistrat lors d'un point de presse en début de soirée, sur le lieu des faits, ajoutant que le calibre de l'arme utilisée n'est pas encore connu.

Compte tenu du mode opératoire et de la personnalité de la victime, le procureur d'Ajaccio a sollicité son homologue marseillais. Il explique qu'après échange, "il était convenu entre nous d'un dessaisissement de l'enquête au profit du parquet de la JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée, ndlr)". À ce stade, "le parquet JIRS de Marseille est donc désormais saisi des faits en cosaisine également avec le PNACO (le parquet national anticriminalité organisée créé au début du mois de janvier, ndlr)", précise encore Nicolas Septe. "Les communications ultérieures éventuelles sur cette enquête seront désormais assurées par ces juridictions", conclut-il.

Alain Orsoni, âgé de 71 ans, était une figure historique du nationalisme corse. Ancien membre du FLNC puis cadre du Mouvement pour l'autodétermination, il avait également dirigé l'AC Ajaccio à partir de 2008. Son nom avait par le passé été associé à plusieurs dossiers criminels, dont il avait été acquitté pour les principaux chefs. Sa trajectoire, marquée par un engagement politique clandestin, un long exil à l'étranger et un retour sur le devant de la scène en Corse, faisait de lui une personnalité connue de la région.