Corse : Alain Orsoni tué par balle lors des obsèques de sa mère à Vero

Alain Orsoni, figure marquante du nationalisme corse et ancien dirigeant de l'AC Ajaccio, a été abattu ce lundi 12 janvier à Vero (Corse-du-Sud) alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère. Son parcours, jalonné d’engagement clandestin, d'exil et d'affaires criminelles, reste étroitement lié à plusieurs épisodes violents de l'histoire récente de l'île.
Corse : Alain Orsoni tué par balle lors des obsèques de sa mère à Vero
Alain Orsoni, le 24 juin 2025. (capture écran / Corse Matin)
Par Actu17
Le lundi 12 janvier 2026 à 17:58 - MAJ lundi 12 janvier 2026 à 18:16

L'ancien dirigeant nationaliste corse et ancien président du club de football professionnel d’Ajaccio Alain Orsoni, reconverti dans les affaires, a été tué par balle ce lundi 12 janvier dans le village de Vero, en Corse-du-Sud, durant les obsèques de sa mère. Rapidement pris en charge par les secours, il n'a pu être sauvé. Alain Orsoni était âgé de 71 ans. Le parquet d'Ajaccio a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée, confiée à la police et la gendarmerie en co-saisine. La juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille a été saisie, selon le parquet.

Le frère d'Alain Orsoni, Guy, avait été assassiné en 1983, prénom qu'il avait donné ensuite à son fils, mis en cause dans plusieurs dossiers criminels.

Alain Orsoni était une figure historique du nationalisme corse, dont le parcours mêle engagement politique, clandestinité, exil et retour sur le devant de la scène à travers le football. Né le 27 septembre 1954 à Ajaccio (Corse-du-Sud), issu d'une famille originaire de Vero (Corse-du-Sud), Alain Orsoni milite d'abord à Paris au sein du Groupe Union Défense avant de rejoindre le FLNC naissant au milieu des années 1970. Il est impliqué dans plusieurs actions clandestines, notamment le mitraillage de l'ambassade d'Iran à Paris en 1980, puis bénéficie d'une loi d'amnistie après l'élection de François Mitterrand. Trois ans plus tard, en 1983, son frère Guy Orsoni, également engagé dans la mouvance nationaliste, est assassiné à Ajaccio. Ce meurtre marque durablement Alain Orsoni et renforce encore les tensions déjà vives autour des luttes d'influence au sein du nationalisme corse.

Au milieu des années 1990, alors que les rivalités internes au nationalisme corse dégénèrent en affrontements meurtriers, Alain Orsoni quitte l'île. Il part en 1996 en Amérique centrale, au Nicaragua, où il investit dans le secteur des jeux, puis s'installe en Floride avant de vivre à Barcelone jusqu'en 2006. Il reste plusieurs années à l'étranger, sur fond de soupçons d'affairisme et de règlements de comptes en Corse, avant de revenir sur l'île en 2008.

En juillet 2008, Alain Orsoni revient au premier plan de la vie publique corse en devenant président de l'AC Ajaccio, après avoir occupé la fonction de vice-président du club. Sous sa présidence, l'équipe retrouve la Ligue 1 en 2011. Parallèlement, son nom apparaît à nouveau dans des dossiers sensibles : à l'été 2008, les forces de l'ordre déjouent un projet visant à l'abattre, puis il est interpellé en 2009 dans le cadre d'une enquête portant sur une série de règlements de comptes en Corse-du-Sud.

En 2015, Alain Orsoni est jugé à Aix-en-Provence aux côtés de son fils Guy pour deux assassinats et une tentative commis en 2009 en région ajaccienne. La cour d'assises prononce un acquittement général pour les assassinats, mais le condamne à un an de prison pour un délit connexe, des menaces de mort, peine déjà purgée en détention provisoire. Quelques mois plus tôt, il avait démissionné de la présidence de l'AC Ajaccio.