Vitry-sur-Seine : Deux policiers condamnés pour avoir falsifié un procès-verbal d'interpellation

Le tribunal a condamné deux fonctionnaires de police à dix mois de prison avec sursis pour avoir rédigé un faux procès-verbal lors de l'interpellation de quatre mineurs en 2020.
Vitry-sur-Seine : Deux policiers condamnés pour avoir falsifié un procès-verbal d'interpellation
Le tribunal judiciaire de Créteil, le 10 juillet 2023. (Ebascol / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 26 février 2026 à 18:01

Deux policiers ont été condamnés ce jeudi 26 février à dix mois de prison avec sursis pour avoir falsifié le procès-verbal d'interpellation de quatre adolescents à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) en 2020. Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé huit mois de sursis. Cette affaire avait eu un fort retentissement médiatique.

Au cœur du dossier, un procès-verbal rédigé par Matthieu R., 34 ans, policier à l'époque au sein de la Brigade anticriminalité (BAC). Ce document affirmait que les quatre jeunes avaient été interpellés après leur identification sur place par une victime de vol à l'arraché. Pourtant, selon le procès-verbal de synthèse produit à l'issue d'une enquête menée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), les photos des adolescents avaient été envoyées par Romain E., 41 ans et chef de bord, alors que les fonctionnaires étaient déjà au contact des jeunes. La victime du vol ne s'est, quant à elle, jamais rendue sur place pour identifier visuellement les suspects.

«Le procès-verbal comportait sciemment de fausses informations»

"Le tribunal a considéré qu'il résulte des éléments de l'enquête que le procès-verbal comportait sciemment de fausses informations", a détaillé la présidente lors de la lecture de la décision. Selon elle, Matthieu R. a "sciemment rédigé un faux" et "ne pouvait ignorer les modalités du déroulement de l'interpellation". Les arguments selon lesquels il aurait retranscrit de bonne foi les indications de son chef de bord ont été jugés "pas crédibles" par la magistrate. Romain E. a été désigné comme l'"auteur intellectuel" du PV, celui-ci "ayant été rédigé sous son autorité", une "falsification (qui ne peut être comprise) que comme un moyen de consolider la procédure".

Outre le sursis, les deux policiers ont vu leur demande de non-inscription de la condamnation à leur casier judiciaire rejetée. Ils devront également verser des montants allant de 150 à 2000 euros aux mineurs et à leurs parents pour le préjudice moral subi.

"On va réfléchir" à faire appel, a indiqué Matthieu R. à l'AFP à l'issue de l'audience. Côté parties civiles, "c'est une satisfaction énorme, on reconnaît leur vérité", s'est réjoui Me Jérôme Karsenti.