Le dimanche 25 octobre 2026 à 10:37 - MAJ dimanche 25 octobre 2026 à 10:53
Le suspect de l'attentat de Trappes et de La Verrière (Yvelines) a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP), après un examen psychiatrique réalisé samedi soir. Il doit y être soumis à une période d'observation susceptible de durer 48 heures. L'analyse toxicologique a révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang, a fait savoir ce dimanche matin le parquet national antiterroriste (PNAT). Les gardes à vue de plusieurs membres de son entourage se poursuivent.
"À l'issue d'un examen psychiatrique de Kévin T. réalisé dans la soirée, sa garde à vue a été levée ; conformément aux conclusions de l'expert psychiatre, l'intéressé a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police afin d'y être soumis à une période d'observation psychiatrique susceptible de durer 48 heures", a détaillé le PNAT. Selon le parquet, cette période d'observation "doit permettre d'apprécier si son état de santé psychiatrique est compatible avec la possibilité de poursuivre ses auditions ; la mesure de garde à vue le concernant est suspendue le temps de cette période d'observation".
L'homme de 39 ans avait été placé en garde à vue vendredi matin, juste après son interpellation. La mesure avait été prolongée samedi matin "après une première audition", avait indiqué le PNAT. Elle reprendra lorsque l'état de santé du suspect le permettra, et peut s'étendre jusqu'à 96 heures.
Du cannabis et de la cocaïne dans son sang
D'après le parquet, "l'analyse toxicologique a permis de révéler la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang". Samedi, le PNAT avait précisé que cette analyse sanguine, "destinée à permettre de déterminer son imprégnation toxicologique", était toujours en cours. De la cocaïne en petite quantité aurait par ailleurs été découverte dans sa voiture lors de son interpellation, selon une source proche de l'affaire.
Le parquet indique également que "les gardes à vue des membres de l'entourage familial et amical de l'intéressé se poursuivent". Un membre de son entourage familial direct avait été placé en garde à vue dès vendredi après-midi. Samedi, le parquet a fait état de trois mesures de garde à vue prises vendredi soir et dans la nuit au sein de son entourage familial et amical.
Six scènes de tirs, un mort et cinq blessés
Vendredi vers 10 heures, le suspect a ouvert le feu sur six sites différents à Trappes puis à La Verrière, à l'aide d'une arme automatique et depuis sa Renault Clio, selon le premier communiqué du PNAT. Un homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, a été tué. Cinq personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans. Le parquet avait indiqué vendredi soir que leur état de santé n'était "pas stabilisé".
L'homme, né en 1987, a été interpellé à 10h20 à Coignières par les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Saint-Quentin-en-Yvelines. Un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène ont été découverts dans son véhicule. Son appartement de Plaisir était piégé avec trois bouteilles de gaz et des fils électriques reliés à un minuteur. Son casier judiciaire porte trace de quatre condamnations réhabilitées de plein droit. Vendredi soir, le PNAT avait détaillé le parcours meurtrier du suspect et le dispositif de piégeage découvert dans son appartement.
Le PNAT a ouvert une enquête notamment pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste", avec la circonstance que les faits ont été commis "à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée". L'enquête vise aussi des tentatives d'assassinats, la détention d'arme de catégorie A en relation avec une entreprise terroriste et une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes.
Samedi, la famille de Pengo Bossio Wangi s'est interrogée sur une éventuelle responsabilité de l'État, en pointant l'absence de "signalement préventif" visant le suspect. Une marche blanche en hommage au défunt se tiendra ce dimanche à 14 heures, au départ de la mairie d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).